pourquoi septembre est un mois à risque, et comment s’y préparer
Attention aux semaines qui suivent la rentrée La rentrée vient de commencer. Et si vous êtes asthmatique, ou parent d’un enfant asthmatique, il y a une chose importante à savoir : les semaines qui suivent la rentrée constituent une période particulière pour l’asthme. Ce phénomène est suffisamment marqué pour être surveillé chaque année par Santé publique France [8]. Pourquoi ? D’abord, parce que les enfants retournent en collectivité. Les virus respiratoires circulent davantage, et notamment les rhinovirus. Or les infections virales constituent un déclencheur majeur des exacerbations d’asthme. Mais ce n’est probablement pas le seul mécanisme. Après les vacances, plusieurs facteurs peuvent se cumuler : reprise des contacts en collectivité, exposition aux allergènes, changement de rythme et parfois relâchement du traitement de fond pendant l’été. C’est cette combinaison qui peut déstabiliser un asthme jusque-là relativement calme. asthme et rentreeAlors, que peut-on vérifier en cette rentrée ? Première chose : le traitement de fond. S’il a été prescrit, est-il toujours pris régulièrement ? Une période où l’on se sent bien n’est pas une raison pour modifier ou interrompre seul son traitement. Deuxième chose : l’inhalateur. Une mauvaise technique d’inhalation peut considérablement réduire la quantité de médicament qui atteint réellement les bronches. La rentrée est donc une excellente occasion de refaire le geste avec son pharmacien, son médecin ou un autre professionnel formé. Troisième chose : repérer une modification des symptômes. Une toux qui réapparaît. Des réveils nocturnes. Des sifflements. Une gêne inhabituelle pendant le sport. Ou le besoin d’utiliser plus souvent que d’habitude le traitement de secours. Ces changements peuvent signaler que l’asthme est moins bien contrôlé. Et il vaut mieux les identifier tôt que d’attendre une véritable exacerbation. Et les étudiants ? Votre rentrée arrive dans quelques jours. Nouveau logement, nouveaux horaires, repas décalés, soirées, stress, parfois tabac ou vapotage… Et au milieu de tout cela, le traitement peut facilement passer au second plan. Alors avant la rentrée, un petit check : Mon traitement est-il disponible ? Mon inhalateur est-il encore utilisable et non périmé ? Est-ce que je maîtrise vraiment ma technique d’inhalation ? Est-ce que je sais quoi faire si mes symptômes augmentent ? Et ai-je mon traitement avec moi lorsque j’en ai besoin ? Cela prend quelques minutes. À retenir : la rentrée scolaire ou universitaire n’est donc pas seulement un changement d’emploi du temps. Pour une personne asthmatique, c’est aussi une période où une vigilance particulière sur le contrôle de l’asthme a du sens. Et souvent, quelques vérifications simples permettent déjà d’identifier ce qui mérite d’être corrigé. Sur Pharma-Coach, nous allons continuer pendant cette rentrée à vous aider à mieux comprendre votre respiration et à agir avant que la situation ne se dégrade. À très bientôt. Pour aller plus loin : ce que disent les données Ce n’est pas une impression : c’est un phénomène épidémiologique décrit depuis vingt ans, mesuré, et en grande partie évitable. Cet article explique ce qui se passe en septembre, comment reconnaître une perte de contrôle avant l’exacerbation, et quelles vérifications faire cette semaine. Le « pic de septembre » : un phénomène mesuré Dans les pays où l’année scolaire commence fin août ou début septembre, les hospitalisations pour asthme suivent chaque année la même courbe. Les études canadiennes de l’équipe de Neil Johnston et Malcolm Sears, qui ont donné son nom au phénomène, montrent que 20 à 25 % des hospitalisations pédiatriques pour asthme de toute l’année surviennent en septembre, avec un maximum entre le 17 et le 23 septembre, soit deux à trois semaines après la rentrée [1]. Le pic ne concerne pas que les enfants. Il apparaît d’abord chez les 5-15 ans, puis chez les enfants d’âge préscolaire, puis chez les adultes, avec quelques jours de décalage à chaque étape. Les auteurs parlent des écoliers comme « vecteurs de la maladie » : ils ramènent les virus à la maison [2, 3]. En France, Santé publique France relance chaque année à la rentrée une surveillance hebdomadaire spécifique de l’asthme chez les enfants de moins de 15 ans, à partir des passages aux urgences (réseau OSCOUR), des consultations SOS Médecins et des hospitalisations. Le pic survient environ deux semaines après la rentrée. En 2023, dès la première semaine de septembre, les passages aux urgences pour asthme chez l’enfant avaient augmenté de 71 % par rapport à la semaine précédente, et les consultations SOS Médecins de 36 % [8]. Des données européennes récentes confirment la même dynamique après chaque rentrée, en septembre mais aussi, dans une moindre mesure, en janvier et en mars, avec un rôle central des rhinovirus [4]. Quatre facteurs qui s’additionnent Les virus respiratoires Les rhinovirus, responsables du rhume banal, sont le premier déclencheur d’exacerbation d’asthme. Dans l’étude de référence, un virus respiratoire était retrouvé chez 62 % des enfants vus aux urgences pour crise d’asthme en septembre ; les picornavirus, dont plus de 80 % de rhinovirus, étaient présents chez 52 % des cas contre 29 % des témoins [1]. Chez une personne asthmatique, un simple rhume peut suffire à déclencher une inflammation bronchique importante. La vie en collectivité École, université, crèche, transports, open space : la circulation virale, très faible en été, repart en quelques jours. C’est ce qui explique le décalage de deux à trois semaines entre la rentrée et le pic : le temps que les virus circulent, puis que l’inflammation s’installe. Les allergènes de fin d’été Les logements fermés pendant l’été concentrent les acariens ; l’humidité de l’automne favorise les moisissures ; certains pollens (ambroisie, armoise) persistent jusqu’en octobre. Pour une personne sensibilisée, l’exposition aux allergènes est un facteur de risque d’exacerbation reconnu par les recommandations internationales [5]. La rupture des habitudes de traitement L’été relâche la routine. Dans l’étude canadienne, seulement 49 % des enfants hospitalisés en septembre prenaient un corticoïde inhalé, contre 85 % des enfants asthmatiques témoins [1]. Le rapport GINA 2025 place l’insuffisance de traitement anti-inflammatoire (absence de corticoïde inhalé, mauvaise observance, mauvaise technique d’inhalation) en tête des facteurs de risque modifiables d’exacerbation [5]. Autrement dit
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