Quand mon souffle devient difficile
Cette réaction est fréquente chez les personnes qui vivent avec une BPCO, un emphysème ou une insuffisance respiratoire chronique.
Manquer d’air peut faire peur. Cette inquiétude peut accélérer la respiration, augmenter les tensions musculaires et rendre l’essoufflement encore plus difficile à supporter. Un cercle peut alors s’installer :
essoufflement → inquiétude → respiration plus rapide → essoufflement plus difficile à vivre.
Ce n’est ni une faiblesse ni un symptôme « imaginaire ». L’essoufflement est une expérience réelle et personnelle. Pour certaines personnes, une respiration plus douce peut devenir un point d’appui. Mais il reste essentiel de ne pas attribuer automatiquement au stress un essoufflement nouveau ou inhabituel.
1. Le souffle et les émotions sont liés
L’essoufflement, également appelé dyspnée, est une sensation personnelle. Lui seul sait ce que ressent le patient.
La saturation en oxygène, la fréquence respiratoire ou les résultats d’un examen apportent des informations utiles, mais ils ne suffisent pas à mesurer l’intensité de cette sensation.
L’inquiétude peut rendre l’essoufflement plus difficile à supporter. En retour, la sensation de manquer d’air peut renforcer la peur.
Dire ce qui se passe constitue déjà un premier repère :
« Je suis essoufflé et cela m’inquiète. »
Cette phrase permet de distinguer deux éléments qui se renforcent parfois mutuellement : la difficulté respiratoire et l’émotion qu’elle provoque.
Pour mieux comprendre les liens entre respiration, perception et inquiétude,
consultez : Insuffisance respiratoire : le souffle peut-il aider à apaiser l’inquiétude ?
2. Une respiration douce peut devenir un appui
Lorsque l’inquiétude augmente, la respiration peut devenir plus rapide et plus superficielle. Chercher volontairement à prendre de grandes inspirations n’est pas toujours confortable et peut parfois accentuer la sensation de manque d’air.
Certaines techniques respiratoires visent plutôt à ralentir l’expiration et à retrouver une respiration plus régulière, sans forcer.
Une revue Cochrane regroupant 16 études et 1 233 personnes atteintes de BPCO montre que certains exercices respiratoires peuvent améliorer la capacité à l’effort. Leurs effets sur l’intensité de l’essoufflement et la qualité de vie varient toutefois selon les techniques et les personnes.
Ces exercices peuvent compléter la prise en charge, mais ils ne remplacent ni les traitements prescrits, ni la réhabilitation respiratoire, ni un avis médical lorsqu’un symptôme s’aggrave.
Ils doivent idéalement être appris avec un professionnel formé, notamment un kinésithérapeute ou une équipe de réhabilitation respiratoire.
3. Il n’existe pas de rythme idéal pour tout le monde
Il n’est pas nécessaire de viser six respirations par minute ni de suivre un rythme imposé.
Le premier objectif est le confort. La respiration doit rester douce, sans chercher à remplir ou à vider complètement les poumons.
Si un exercice augmente l’essoufflement, provoque un malaise, des vertiges ou renforce l’inquiétude, il faut l’arrêter et en parler à un professionnel de santé.
Pour découvrir d’autres stratégies :
2 gestes à essayer
a. S’installer dans une position confortable
Lorsqu’un essoufflement habituel devient inconfortable, commencez par interrompre l’activité et choisissez une position qui facilite la respiration :
- asseyez-vous ;
- posez les pieds au sol ;
- soutenez votre dos ou penchez légèrement le buste vers l’avant ;
- posez les avant-bras sur les cuisses ou sur une table ;
- relâchez les épaules ;
- desserrez les vêtements qui gênent la respiration.
Prenez le temps de récupérer. Il n’est pas nécessaire de parler ni de reprendre immédiatement l’activité.
Si vous utilisez de l’oxygène, ne modifiez pas le débit sans suivre la prescription ou le plan établi avec l’équipe soignante.
b. Souffler doucement, sans forcer
Si la respiration avec les lèvres pincées vous a déjà été enseignée :
- inspirez doucement, de préférence par le nez ;
- pincez légèrement les lèvres, comme pour faire vaciller la flamme d’une bougie sans l’éteindre ;
- soufflez lentement entre les lèvres ;
- ne poussez pas l’air et ne retenez pas votre souffle.
Le temps d’expiration peut être un peu plus long que celui de l’inspiration, à condition que cela reste naturel et confortable.
L’objectif n’est pas de réussir une performance respiratoire, mais de retrouver progressivement une respiration moins précipitée.
Pour apprendre à mieux répartir les efforts au quotidien : Meilleure gestion de l’effort dans la BPCO
1 vigilance : ne pas tout attribuer au stress
L’inquiétude peut amplifier la perception de l’essoufflement. Mais un essoufflement nouveau ou inhabituel ne doit jamais être considéré d’emblée comme une simple manifestation du stress.
Soyez attentif à tout changement par rapport à votre état habituel :
- un essoufflement plus intense ou plus fréquent ;
- une difficulté nouvelle à parler, marcher ou réaliser les activités habituelles ;
- une augmentation de la toux ;
- des crachats plus abondants, plus épais ou d’une couleur différente ;
- de la fièvre ;
- une fatigue, une confusion ou une somnolence inhabituelle ;
- une coloration bleutée des lèvres ou des doigts ;
- une douleur dans la poitrine.
Dans cette situation, suivez le plan d’action établi avec votre médecin et demandez rapidement un avis médical.
La Haute Autorité de santé recommande qu’un plan d’action personnalisé soit expliqué et remis au patient atteint de BPCO lorsqu’il est indiqué. Il précise les symptômes à surveiller, les traitements prescrits et les professionnels à contacter en cas d’aggravation.
Pour préparer cette discussion :
- Télécharger la fiche « Signes d’aggravation »
- Essoufflement : ce qui compte, c’est le changement
- BPCO : 7 changements à surveiller
En cas d’essoufflement brutal ou très intense, de douleur thoracique, de confusion, de lèvres bleutées ou de difficulté à parler, appelez immédiatement le 15 ou le 112.
Ce qu’il faut retenir
- L’essoufflement est une sensation réelle et personnelle.
- L’inquiétude peut rendre cette sensation plus difficile à supporter.
- Une position confortable et une expiration douce peuvent aider certaines personnes.
- Aucun rythme respiratoire précis ne convient à tout le monde.
- Les exercices respiratoires ne remplacent pas les traitements prescrits.
- Un essoufflement nouveau ou inhabituel nécessite un avis médical.
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Dr BARON, docteur en pharmacie
Cette ressource est un outil d’information. Elle ne remplace pas l’évaluation ni les conseils de votre médecin, de votre pneumologue, de votre pharmacien ou de l’équipe qui vous accompagne.
pour nous contacter:
Références scientifiques
- Yohannes AM, Alexopoulos GS. Depression and anxiety in patients with COPD. European Respiratory Review. 2014;23(133):345-349.
- Parshall MB, et al. An official American Thoracic Society statement: update on the mechanisms, assessment, and management of dyspnea. American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine. 2012;185(4):435-452.
- Holland AE, Hill CJ, Jones AY, McDonald CF. Breathing exercises for chronic obstructive pulmonary disease. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2012;(10).
- Haute Autorité de santé. Guide du parcours de soins : bronchopneumopathie chronique obstructive. Actualisation 2019.

