suite de notre documentaire sur la saturation et l’essoufflement ( question posée par un membre de pharma-coach.com sur les réseaux sociaux)
4. Les facteurs qui aggravent souvent l’essoufflement

Beaucoup de personnes vivant avec une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), un emphysème ou une autre maladie respiratoire chronique se posent la même question :
« Pourquoi suis-je aussi essoufflé alors que ma saturation en oxygène est correcte ? »
La réponse est souvent plus complexe qu’un simple manque d’oxygène.
En réalité, la sensation d’essoufflement, également appelée dyspnée, résulte de l’interaction de nombreux mécanismes. Les poumons ne représentent qu’une partie de l’équation. Les muscles, le cœur, le cerveau, votre état nutritionnel, votre condition physique ainsi que votre environnement influencent également votre capacité à respirer confortablement.
Identifier ces facteurs est essentiel, car plusieurs d’entre eux peuvent être améliorés grâce à une prise en charge adaptée.
Le déconditionnement physique : l’un des principaux responsables de l’essoufflement
Chez une personne qui manque régulièrement d’air, le premier réflexe consiste souvent à réduire progressivement ses activités.
Elle marche moins.
Puis, elle évite les escaliers.
Les promenades deviennent plus rares.
Peu à peu, les sorties diminuent également.
À court terme, ce comportement paraît logique puisqu’il limite l’apparition de la dyspnée.
En revanche, à plus long terme, il devient l’un des principaux facteurs d’aggravation.
Les spécialistes parlent alors de déconditionnement physique.
En seulement quelques semaines d’inactivité, plusieurs modifications apparaissent :
- diminution de la masse musculaire ;
- baisse de la force des muscles respiratoires et des membres inférieurs ;
- diminution des capacités cardiovasculaires ;
- perte d’endurance ;
- augmentation de la fatigue lors du moindre effort.
Des muscles insuffisamment entraînés consomment davantage d’oxygène pour produire le même travail.
De plus, ils fabriquent une quantité plus importante d’acide lactique. Pour éliminer le dioxyde de carbone ainsi produit, l’organisme augmente automatiquement la fréquence respiratoire.
Résultat : la sensation de manquer d’air devient plus importante, même lorsque la saturation en oxygène reste normale.
C’est ce cercle vicieux qui explique pourquoi certaines personnes deviennent très limitées après plusieurs mois d’inactivité.
Essoufflement → diminution des activités → perte musculaire → effort plus difficile → essoufflement encore plus important.
La bonne nouvelle est que ce phénomène est largement réversible.
Les programmes de réhabilitation respiratoire montrent qu’un entraînement progressif améliore significativement la dyspnée, la qualité de vie ainsi que la capacité à réaliser les activités du quotidien, quel que soit le stade de la maladie.
L’hyperinflation pulmonaire : respirer avec des poumons déjà trop remplis
Chez de nombreuses personnes atteintes de BPCO ou d’emphysème, l’air pénètre relativement facilement dans les poumons, mais il en ressort plus difficilement.
Une partie de cet air reste alors piégée dans les alvéoles.
Ce phénomène est appelé hyperinflation pulmonaire, également connue sous le nom de piégeage gazeux.
Au fil des respirations, les poumons restent partiellement gonflés.
Par conséquent, le diaphragme, principal muscle de la respiration, s’aplatit progressivement et perd une partie de son efficacité.
Chaque inspiration demande alors davantage d’effort.
Cette situation est encore plus marquée lors d’un exercice physique. En effet, lorsque la respiration s’accélère, les expirations deviennent trop courtes pour vider complètement les poumons avant la respiration suivante.
On parle alors d’hyperinflation dynamique, l’un des principaux mécanismes responsables de la dyspnée d’effort chez les personnes atteintes de BPCO.
C’est précisément pour cette raison qu’une personne peut présenter une saturation de 96 %, 97 % ou 98 %, tout en ayant la sensation de ne plus pouvoir respirer correctement.
L’anxiété et la peur de manquer d’air amplifient la dyspnée
La respiration possède une particularité unique : il s’agit d’une fonction automatique dont nous pouvons prendre conscience.
Après avoir vécu une crise d’essoufflement importante, beaucoup de patients développent progressivement une crainte permanente qu’un nouvel épisode survienne.
Cette inquiétude est parfaitement compréhensible.
Cependant, elle peut entraîner plusieurs réactions physiologiques :
- respiration plus rapide ;
- respiration plus superficielle ;
- contraction des muscles du cou et des épaules ;
- augmentation du travail respiratoire ;
- fatigue plus importante.
Le cerveau interprète ensuite cette respiration moins efficace comme un nouveau signal de danger.
La sensation d’étouffement augmente alors, même si l’oxygénation du sang reste normale.
Il est important de souligner que cela ne signifie absolument pas que « tout est dans la tête ».
L’essoufflement est bien réel.
Les émotions modifient simplement la façon dont le cerveau analyse les informations provenant des poumons, des muscles respiratoires et des récepteurs nerveux impliqués dans la perception de la dyspnée.
C’est pourquoi la prise en charge moderne de la BPCO associe souvent :
- l’éducation thérapeutique ;
- les techniques de respiration contrôlée ;
- la réhabilitation respiratoire ;
- et, lorsque cela est nécessaire, un accompagnement psychologique.
Les infections respiratoires augmentent rapidement la difficulté à respirer
Une simple infection virale peut suffire à déstabiliser un patient jusque-là bien équilibré.
Lors d’une infection respiratoire, plusieurs phénomènes surviennent simultanément :
- l’inflammation des bronches augmente ;
- les sécrétions deviennent plus abondantes ;
- les bronches se rétrécissent ;
- les muscles respiratoires travaillent davantage ;
- la fatigue générale s’installe.
Les besoins en oxygène augmentent alors que les capacités respiratoires diminuent.
Chez les personnes atteintes de BPCO, ces infections représentent l’une des principales causes d’exacerbation, c’est-à-dire d’aggravation brutale des symptômes nécessitant souvent un traitement supplémentaire, voire une hospitalisation.
C’est pourquoi les recommandations internationales insistent sur :
- la vaccination contre la grippe ;
- la vaccination contre le pneumocoque lorsqu’elle est indiquée ;
- la vaccination contre la COVID-19 selon les recommandations en vigueur ;
- une consultation rapide en cas d’aggravation inhabituelle de l’essoufflement.
Les fortes chaleurs peuvent rendre la respiration beaucoup plus difficile
Chaque été, de nombreuses personnes constatent que leur souffle devient plus court.
Ce phénomène est bien connu.
Plusieurs mécanismes expliquent cette aggravation :
- l’air chaud est souvent plus humide ;
- le cœur travaille davantage pour réguler la température corporelle ;
- la transpiration favorise la déshydratation ;
- les sécrétions bronchiques deviennent plus épaisses ;
- la fatigue apparaît plus rapidement.
Chez les personnes souffrant d’une maladie respiratoire chronique, ces effets peuvent majorer significativement la dyspnée.
Pendant les épisodes de fortes chaleurs, il est conseillé de :
- privilégier les sorties tôt le matin ou en soirée ;
- boire régulièrement, sauf contre-indication médicale ;
- rester autant que possible dans un environnement frais ;
- poursuivre correctement les traitements inhalés prescrits.

Pollution atmosphérique et qualité de l’air : des facteurs souvent sous-estimés
Les particules fines, l’ozone, certains pollens et d’autres polluants irritent les voies respiratoires.
Ils favorisent :
- l’inflammation bronchique ;
- l’augmentation des sécrétions ;
- le bronchospasme ;
- les exacerbations de BPCO et d’asthme.
Même lorsqu’ils sont invisibles, ces polluants peuvent augmenter la sensation de manquer d’air.
Consulter les indices de qualité de l’air permet parfois d’adapter les activités physiques extérieures lors des épisodes de pollution.
D’autres maladies peuvent également provoquer ou aggraver l’essoufflement
Les maladies respiratoires ne sont pas toujours les seules responsables d’une dyspnée.
Plusieurs affections peuvent entraîner ou majorer cette sensation de manque d’air :
- insuffisance cardiaque ;
- anémie ;
- obésité ;
- dénutrition ;
- troubles de la thyroïde ;
- anxiété ou dépression ;
- maladies neuromusculaires.
Chez une même personne, plusieurs causes peuvent coexister.
C’est pourquoi une aggravation récente ou inexpliquée de l’essoufflement doit toujours conduire à une évaluation médicale, même si la saturation en oxygène reste normale.
Ce qu’il faut retenir
Une saturation en oxygène normale ne signifie pas que votre respiration fonctionne normalement.
L’intensité de l’essoufflement dépend de nombreux mécanismes qui vont bien au-delà de l’oxygénation du sang. Le déconditionnement physique, l’hyperinflation pulmonaire, l’anxiété, les infections, les fortes chaleurs, la pollution atmosphérique ou encore certaines maladies associées peuvent tous majorer la dyspnée.
La bonne nouvelle est que plusieurs de ces facteurs peuvent être améliorés. Une activité physique adaptée, la réhabilitation respiratoire, une bonne maîtrise des traitements inhalés, des techniques respiratoires efficaces ainsi que la prévention des infections permettent souvent de retrouver un meilleur confort respiratoire et d’améliorer durablement la qualité de vie.
Références scientifiques
- Global Initiative for Chronic Obstructive Lung Disease. Global Strategy for the Diagnosis, Management, and Prevention of COPD (rapport GOLD 2025).
- American Thoracic Society / European Respiratory Society. ATS/ERS Statement on Pulmonary Rehabilitation. American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine. 2013.
- Denis E. O’Donnell et al. Mechanisms of Activity-Related Dyspnea in COPD. Respiratory Physiology & Neurobiology.
- Haute Autorité de Santé. Recommandations sur la prise en charge de la BPCO.
- Brian McCarthy et al. Pulmonary rehabilitation for chronic obstructive pulmonary disease. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2015.
5. Pourquoi votre spirométrie n’explique pas toujours ce que vous ressentez

Vous venez de réaliser une spirométrie.
Votre médecin vous annonce :
« Vos résultats sont stables. »
Pourtant, de votre côté, vous avez l’impression que votre souffle s’est dégradé.
Vous êtes plus rapidement essoufflé.
Monter un escalier devient plus difficile.
Faire les courses vous fatigue davantage qu’auparavant.
Cette situation est extrêmement fréquente chez les personnes atteintes d’une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), d’un emphysème ou d’une autre maladie respiratoire chronique.
Et surtout, elle est parfaitement explicable.
La spirométrie constitue un examen indispensable, mais elle ne mesure pas tous les mécanismes qui déterminent votre capacité à respirer au quotidien.
La spirométrie reste un examen de référence
Aujourd’hui, cet examen fonctionnel respiratoire demeure l’outil de base pour diagnostiquer et suivre une BPCO.
Il permet notamment de mesurer plusieurs paramètres essentiels.
Le VEMS
Le Volume Expiratoire Maximal Seconde (VEMS) correspond à la quantité d’air que vous pouvez expirer pendant la première seconde d’une expiration forcée.
Il renseigne principalement sur le degré d’obstruction des bronches.
Plus le VEMS diminue, plus l’obstruction bronchique est généralement importante.
C’est ce paramètre qui est utilisé, avec d’autres critères, pour confirmer le diagnostic de BPCO.
La capacité vitale forcée (CVF)
La Capacité Vitale Forcée (CVF) représente la quantité totale d’air que vous êtes capable d’expirer après une inspiration maximale.
Elle apporte des informations complémentaires sur votre fonction respiratoire.
Le rapport VEMS/CVF
Le rapport entre ces deux mesures permet d’évaluer l’existence d’une obstruction bronchique persistante.
Chez les personnes atteintes de BPCO, ce rapport est diminué.
Ces paramètres sont indispensables pour le diagnostic et le suivi médical.
En revanche, ils ne reflètent pas toujours ce que ressent réellement le patient dans sa vie quotidienne.
Ce que la spirométrie ne mesure pas
C’est probablement l’aspect le plus important à comprendre.
Cet examen n’évalue pas plusieurs mécanismes pourtant directement responsables de la sensation de manquer d’air.
Il ne mesure notamment pas :
- le piégeage de l’air dans les poumons ;
- l’hyperinflation dynamique qui apparaît lors de l’effort ;
- l’efficacité des muscles respiratoires ;
- la force des muscles des membres inférieurs ;
- votre condition physique générale ;
- votre endurance ;
- votre état nutritionnel ;
- la qualité de votre sommeil ;
- l’anxiété liée à la respiration ;
- la manière dont votre cerveau perçoit la dyspnée.
Autrement dit, deux personnes présentant exactement les mêmes résultats de spirométrie peuvent avoir une qualité de vie totalement différente.
Pourquoi pouvez-vous être plus essoufflé avec une spirométrie stable ?
Beaucoup de patients pensent :
« Si mes poumons sont stables, je devrais respirer comme avant. »
En réalité, plusieurs phénomènes peuvent évoluer indépendamment du VEMS.
Par exemple :
- vous avez moins marché ces derniers mois ;
- vous avez perdu de la masse musculaire ;
- vous avez pris du poids ;
- vous avez développé une anémie ;
- vous avez souffert d’une infection respiratoire ;
- votre technique d’utilisation de l’inhalateur est moins efficace ;
- votre sommeil est de moins bonne qualité ;
- vous êtes davantage anxieux.
Chacun de ces facteurs peut augmenter significativement la dyspnée sans modifier les résultats de la spirométrie.
C’est pourquoi il est essentiel de considérer la respiration dans sa globalité.
Le souffle dépend de tout votre organisme
Respirer ne dépend pas uniquement des poumons.
Lorsque vous marchez, plusieurs systèmes fonctionnent simultanément.
Les poumons apportent l’oxygène.
Le cœur transporte cet oxygène vers les muscles.
Les muscles utilisent ensuite cet oxygène pour produire l’énergie nécessaire à l’effort.
Enfin, le cerveau coordonne l’ensemble et interprète les sensations respiratoires.
Si l’un de ces systèmes fonctionne moins efficacement, la sensation de manquer d’air augmente.
Ainsi, un essoufflement important peut parfois être lié autant au déconditionnement musculaire qu’à la maladie respiratoire elle-même.
Pourquoi certains patients ayant une BPCO sévère respirent relativement bien
À première vue, cela peut sembler surprenant.
Certaines personnes présentent une obstruction bronchique importante et continuent pourtant à voyager, jardiner ou marcher plusieurs kilomètres.
Comment est-ce possible ?
Le plus souvent, elles ont mis en place plusieurs mesures complémentaires.
Elles bénéficient notamment :
- d’un programme de réhabilitation respiratoire ;
- d’une activité physique régulière ;
- d’une bonne observance thérapeutique ;
- d’une excellente technique d’utilisation des inhalateurs ;
- d’une alimentation adaptée ;
- d’une meilleure gestion de leurs efforts.
Avec le temps, leur organisme devient plus efficace.
Les muscles consomment moins d’oxygène.
Le cerveau interprète mieux les sensations respiratoires.
La dyspnée diminue, même si les lésions pulmonaires persistent.
Pourquoi les questionnaires sont parfois plus utiles que la spirométrie
Aujourd’hui, les médecins ne s’appuient plus uniquement sur les résultats des explorations fonctionnelles respiratoires.
Les recommandations internationales de la GOLD 2025 accordent également une place importante à ce que ressent réellement le patient.
Deux questionnaires sont largement utilisés.
L’échelle mMRC
Elle mesure le niveau d’essoufflement dans les activités de la vie quotidienne.
Par exemple :
- êtes-vous essoufflé en marchant rapidement ?
- devez-vous vous arrêter en terrain plat ?
- êtes-vous essoufflé lorsque vous vous habillez ?
Quelques questions suffisent pour apprécier le retentissement réel de la maladie.
Le questionnaire CAT®
Le COPD Assessment Test (CAT®) évalue huit dimensions importantes :
- la toux ;
- les expectorations ;
- l’oppression thoracique ;
- l’essoufflement ;
- les activités quotidiennes ;
- la confiance pour sortir de chez soi ;
- le sommeil ;
- l’énergie.
Il permet de mesurer l’impact réel de la maladie sur la qualité de vie.
Chez certains patients, ces questionnaires sont beaucoup plus représentatifs que le seul VEMS.
Une prise en charge moderne considère le patient dans son ensemble
Aujourd’hui, les spécialistes savent qu’il est impossible de résumer la respiration à un simple chiffre.
Une évaluation complète prend en compte :
- les symptômes ressentis ;
- la fréquence des exacerbations ;
- les résultats de la spirométrie ;
- les capacités physiques ;
- les maladies associées ;
- le niveau d’activité quotidienne ;
- la qualité de vie ;
- les attentes du patient.
Cette approche globale permet d’adapter beaucoup plus précisément les traitements ainsi que les mesures de réhabilitation respiratoire.
Ce qu’il faut retenir
Une spirométrie stable est une bonne nouvelle, mais elle n’explique pas toujours ce que vous ressentez.
L’essoufflement est une expérience complexe qui dépend non seulement de vos poumons, mais également de vos muscles, de votre cœur, de votre condition physique, de votre état nutritionnel, de la qualité de votre sommeil et de la manière dont votre cerveau interprète les informations respiratoires.
C’est pourquoi deux personnes présentant exactement le même VEMS peuvent avoir une qualité de vie très différente.
L’objectif du traitement n’est donc pas uniquement d’améliorer les résultats des examens, mais surtout de vous permettre de retrouver une vie quotidienne plus confortable, avec moins de dyspnée, davantage d’autonomie et une meilleure qualité de vie.
Références scientifiques
- Global Initiative for Chronic Obstructive Lung Disease. Global Strategy for the Diagnosis, Management, and Prevention of COPD (rapport GOLD 2025).
- American Thoracic Society / European Respiratory Society. Standardisation of Spirometry et recommandations sur la réhabilitation respiratoire.
- Haute Autorité de Santé. Recommandations sur la prise en charge de la BPCO.
- Denis E. O’Donnell et collaborateurs. Travaux sur l’hyperinflation dynamique et la dyspnée dans la BPCO.
- Bartolome R. Celli et collaborateurs. Travaux sur l’évaluation multidimensionnelle de la BPCO.
6. Les solutions qui permettent réellement d’améliorer votre souffle

Être essoufflé alors que votre saturation en oxygène est normale peut être déroutant. Pourtant, cette situation est fréquente chez les personnes atteintes d’une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), d’un emphysème ou d’autres maladies respiratoires chroniques.
La bonne nouvelle est qu’il existe aujourd’hui de nombreuses interventions dont l’efficacité est démontrée scientifiquement. Même si elles ne permettent pas de guérir la maladie, elles peuvent réduire la dyspnée, améliorer la capacité à l’effort, diminuer le risque d’exacerbations et préserver durablement la qualité de vie.
Les recommandations internationales insistent sur une prise en charge globale. Les médicaments sont indispensables, mais ils ne représentent qu’une partie du traitement. L’activité physique, la réhabilitation respiratoire, une bonne technique d’inhalation, la nutrition ainsi que la prévention jouent également un rôle essentiel.
Arrêter de fumer : la mesure la plus efficace
Chez les personnes qui fument encore, le sevrage tabagique reste l’intervention la plus efficace pour ralentir l’évolution de la BPCO.
L’arrêt du tabac permet notamment :
- de diminuer l’inflammation des bronches ;
- de ralentir le déclin de la fonction respiratoire ;
- de réduire le risque d’exacerbations ;
- d’améliorer l’espérance de vie.
Même après plusieurs décennies de tabagisme, il n’est jamais trop tard pour arrêter. Les bénéfices apparaissent rapidement et se poursuivent tout au long de la vie.
Optimiser les traitements inhalés
Les bronchodilatateurs constituent la base du traitement de la BPCO. Ils facilitent l’ouverture des bronches, diminuent le piégeage de l’air, réduisent l’hyperinflation pulmonaire et améliorent la tolérance à l’effort.
Cependant, leur efficacité dépend fortement de la qualité de la technique d’inhalation.
Les études montrent qu’environ un patient sur deux utilise imparfaitement son inhalateur, ce qui réduit la quantité de médicament atteignant réellement les bronches.
Faire vérifier régulièrement sa technique par un professionnel de santé constitue une mesure simple, mais particulièrement efficace, pour améliorer le contrôle des symptômes.
Participer à un programme de réhabilitation respiratoire
Après le sevrage tabagique, la réhabilitation respiratoire est considérée comme l’une des interventions non médicamenteuses les plus efficaces dans la prise en charge de la BPCO.
Elle associe généralement :
- un entraînement physique personnalisé ;
- un renforcement musculaire ;
- des exercices respiratoires ;
- une éducation thérapeutique ;
- un accompagnement nutritionnel ;
- un soutien psychologique lorsque cela est nécessaire.
Ses bénéfices sont largement démontrés :
- diminution de la dyspnée ;
- amélioration des capacités physiques ;
- amélioration de la qualité de vie ;
- réduction des hospitalisations ;
- augmentation de l’autonomie.
Ces bénéfices sont observés quel que soit le stade de la maladie.
Maintenir une activité physique régulière
L’essoufflement conduit souvent à réduire progressivement les déplacements et les activités quotidiennes.
À long terme, cette diminution favorise le déconditionnement musculaire, ce qui augmente encore davantage la sensation de manquer d’air.
Rompre ce cercle vicieux constitue donc un objectif majeur.
Une activité physique régulière, adaptée aux capacités de chacun, améliore progressivement l’endurance, diminue le coût énergétique des efforts et permet souvent de retrouver une meilleure qualité de vie.
La régularité est beaucoup plus importante que l’intensité. Quelques minutes d’activité chaque jour apportent généralement davantage de bénéfices qu’un effort important réalisé de manière occasionnelle.
Apprendre les techniques respiratoires
Certaines techniques respiratoires permettent de diminuer rapidement la sensation d’essoufflement.
La respiration avec les lèvres pincées est la plus connue. Elle ralentit l’expiration, limite la fermeture des petites bronches et favorise une meilleure vidange des poumons.
Les positions de récupération, comme la position assise légèrement penchée vers l’avant avec les avant-bras en appui, réduisent également le travail respiratoire.
Ces techniques sont généralement enseignées au cours des programmes de réhabilitation respiratoire et peuvent être utilisées dans de nombreuses situations du quotidien.
Veiller à son état nutritionnel
Respirer sollicite en permanence les muscles respiratoires.
Une dénutrition peut diminuer leur efficacité, tandis qu’un excès de poids augmente le travail respiratoire ainsi que la charge imposée au cœur.
Le maintien d’un poids adapté et d’une alimentation équilibrée participe donc pleinement à la prise en charge des maladies respiratoires chroniques.
Si nécessaire, un accompagnement par un diététicien ou un médecin nutritionniste peut compléter la prise en charge.
Prévenir les exacerbations
Chaque exacerbation peut entraîner une dégradation durable de la fonction respiratoire.
La prévention repose sur plusieurs mesures complémentaires :
- respecter les traitements prescrits ;
- maintenir une bonne technique d’inhalation ;
- arrêter le tabac ;
- pratiquer une activité physique régulière ;
- bénéficier des vaccinations recommandées ;
- reconnaître rapidement les premiers signes d’aggravation afin de consulter sans délai.
Prévenir une exacerbation permet souvent d’éviter une hospitalisation et de préserver plus longtemps les capacités respiratoires.
Une prise en charge globale donne les meilleurs résultats
Aujourd’hui, les spécialistes ne se limitent plus aux résultats de la spirométrie.
Ils prennent également en compte :
- les symptômes ressentis ;
- la fréquence des exacerbations ;
- la qualité de vie ;
- les maladies associées ;
- les capacités physiques ;
- les objectifs du patient.
Cette approche personnalisée permet d’adapter les traitements aux besoins réels de chaque personne et d’obtenir une amélioration plus durable du souffle.
Ce qu’il faut retenir
L’essoufflement n’est pas uniquement lié à l’état des poumons. Même lorsque la BPCO ou l’emphysème ne peuvent pas être guéris, de nombreuses interventions permettent d’améliorer durablement la respiration.
L’arrêt du tabac, l’optimisation des traitements inhalés, la réhabilitation respiratoire, l’activité physique régulière, les techniques respiratoires, une alimentation adaptée ainsi que la prévention des exacerbations agissent de façon complémentaire.
Associées à un suivi médical régulier et à une prise en charge personnalisée, ces mesures permettent souvent de diminuer la dyspnée, de préserver l’autonomie et d’améliorer significativement la qualité de vie.
Références scientifiques
- Global Initiative for Chronic Obstructive Lung Disease. Global Strategy for the Diagnosis, Management, and Prevention of COPD. Rapport GOLD 2025.
- Haute Autorité de Santé. Recommandations de bonne pratique : prise en charge de la BPCO.
- American Thoracic Society / European Respiratory Society. ATS/ERS Statement on Pulmonary Rehabilitation. American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine. 2013.
- Brian McCarthy et al. Pulmonary rehabilitation for chronic obstructive pulmonary disease. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2015.
- Denis E. O’Donnell et al. Canadian Thoracic Society Recommendations for Management of Dyspnea in COPD. Canadian Respiratory Journal. 2008.
- Bartolome R. Celli et Claus Vogelmeier. Publications sur l’évaluation multidimensionnelle de la BPCO et les recommandations GOLD.
et toujours disponible le GUIDE cliquez ici ou sur l’image
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