Plan d’action contre l’asthme : savoir quoi faire avant que la crise ne s’aggrave

Reconnaître l’aggravation de l’asthme et savoir comment réagir

Une toux qui réapparaît, un réveil nocturne, une gêne inhabituelle pendant l’effort ou un recours plus fréquent au traitement de secours : l’aggravation de l’asthme peut commencer par des signes discrets.

Encore faut-il savoir ce qu’ils signifient et quelle conduite adopter.

Le plan d’action contre l’asthme rassemble les repères et les consignes personnalisées permettant de reconnaître une déstabilisation, d’appliquer le traitement prévu et de savoir quand demander une aide médicale.

plan personnalisé

Qu’est-ce qu’un plan d’action contre l’asthme ?

Le plan d’action est un document écrit et personnalisé qui reprend notamment :

  • le traitement habituel ;
  • les signes indiquant que l’asthme se déstabilise ;
  • les adaptations thérapeutiques prévues dans cette situation ;
  • la manière d’évaluer l’évolution ;
  • les circonstances nécessitant un avis médical ;
  • les signes imposant d’appeler les secours.

Les recommandations internationales préconisent que toute personne asthmatique dispose d’un plan adapté à son traitement, à son âge, à son niveau de compréhension et à sa capacité à reconnaître ses symptômes.

Les décisions thérapeutiques qui y figurent — médicaments, doses, fréquence, durée et éventuelles adaptations — doivent correspondre aux consignes du prescripteur.

Le plan est ensuite expliqué au patient afin qu’il puisse comprendre les différentes situations et appliquer la conduite prévue.

Pourquoi un document écrit est-il utile ?

Lorsqu’une difficulté respiratoire apparaît, l’inquiétude peut compliquer l’analyse de la situation. Il devient alors plus difficile de se souvenir précisément de consignes reçues plusieurs mois auparavant.

Le plan écrit permet de retrouver rapidement les réponses à plusieurs questions :

  • Quels sont mes premiers signes habituels d’aggravation ?
  • Quel traitement est prévu dans cette situation ?
  • Comment puis-je évaluer l’amélioration ?
  • Quand faut-il contacter un professionnel de santé ?
  • Quels signes nécessitent d’appeler immédiatement les secours ?

Le document peut être imprimé et conservé dans un endroit accessible. Une copie peut également être enregistrée sur le téléphone.

 

signes asthme

Trois situations à distinguer

Lorsque l’asthme est contrôlé

Au cours des quatre dernières semaines, le contrôle de l’asthme est notamment évalué à partir de quatre éléments :

  • la présence de symptômes pendant la journée plus de deux fois par semaine ;
  • les réveils nocturnes dus à l’asthme ;
  • le recours au traitement de secours plus de deux fois par semaine ;
  • la limitation des activités habituelles.

En l’absence de ces manifestations, l’asthme est considéré comme bien contrôlé.

Cette période stable ne signifie pas que l’asthme a disparu. Le traitement prévu reste suivi et la technique d’inhalation mérite d’être régulièrement vérifiée.

siutations asthme

Lorsque l’asthme commence à se déstabiliser

Certains changements peuvent annoncer une perte de contrôle :

  • une toux plus fréquente ou inhabituelle ;
  • des sifflements ;
  • une oppression thoracique ;
  • un essoufflement inhabituel ;
  • un réveil nocturne ;
  • une gêne pendant l’effort ou les activités quotidiennes ;
  • un recours plus fréquent au traitement de secours ;
  • une diminution du débit expiratoire de pointe lorsque sa mesure fait partie du suivi.

Un seul de ces signes ne signifie pas nécessairement qu’une exacerbation sévère va survenir. Il constitue néanmoins une information importante lorsqu’il est nouveau, se répète ou s’intensifie.

Le plan d’action indique alors les consignes personnalisées à appliquer et le délai au-delà duquel un avis médical devient nécessaire.

Lorsque la situation devient urgente

Certains signes peuvent témoigner d’une difficulté respiratoire sévère :

  • gêne respiratoire intense ou aggravation rapide ;
  • difficulté à parler normalement en raison du manque d’air ;
  • difficulté à marcher ;
  • épuisement ;
  • coloration bleutée ou grisâtre des lèvres ;
  • somnolence, confusion ou malaise ;
  • absence d’amélioration malgré le traitement de secours utilisé conformément aux consignes reçues.

Dans cette situation, les consignes de secours prévues sont appliquées et le 15 ou le 112 est appelé immédiatement.

Une gêne respiratoire sévère ne doit pas être gérée uniquement à l’aide d’informations trouvées sur Internet.

Reconnaître ses propres signes d’aggravation

Les signes annonciateurs ne sont pas identiques chez toutes les personnes asthmatiques.

Certaines commencent par tousser. D’autres constatent d’abord une gêne à l’effort, un réveil nocturne, une sensation d’oppression ou une utilisation plus fréquente de leur inhalateur de secours.

Le plan d’action gagne donc à mentionner les manifestations habituellement observées chez la personne concernée.

Le fichier proposé par Pharma-Coach contient une rubrique permettant de noter ces signes personnels. Il ne fournit cependant aucune posologie ou modification thérapeutique universelle.

signes personnels asthme

Symptômes ou débit expiratoire de pointe ?

Le suivi peut reposer principalement sur les symptômes ou associer ceux-ci à la mesure du débit expiratoire de pointe, également appelé DEP ou peak-flow.

Le suivi des symptômes

Il est accessible à tous, mais nécessite de bien connaître ses propres signes de perte de contrôle.

Les symptômes peuvent aussi être sous-estimés lorsqu’ils s’installent progressivement. Une personne peut, par exemple, réduire inconsciemment ses activités pour éviter d’être essoufflée et penser que son asthme reste stable.

La mesure du DEP

Le débitmètre de pointe mesure la vitesse maximale de l’air expiré. La valeur obtenue peut être comparée à la meilleure valeur personnelle mesurée lorsque l’asthme est stable.

Cette mesure peut être utile chez certaines personnes, notamment lorsqu’elles perçoivent difficilement leur obstruction bronchique.

Le DEP n’est cependant pas indispensable dans tous les plans d’action. Son utilisation et les seuils retenus doivent être adaptés à la situation de chaque patient.

Il ne remplace ni l’observation des symptômes ni l’évaluation médicale.

Les zones verte, orange et rouge

Certains plans utilisent trois zones colorées afin de faciliter leur lecture.

Zone verte : l’asthme est stable

La zone verte correspond à la situation habituelle :

  • les activités sont possibles ;
  • le sommeil n’est pas perturbé ;
  • les symptômes sont absents ou peu fréquents ;
  • le traitement habituel est suivi conformément à la prescription.

Cette partie rappelle les traitements utilisés lorsque l’asthme est stable.

Zone orange : l’asthme se déstabilise

La zone orange correspond à l’apparition ou à l’augmentation des symptômes :

  • toux ;
  • sifflements ;
  • oppression ;
  • essoufflement ;
  • réveil nocturne ;
  • activité plus difficile ;
  • recours plus fréquent au traitement de secours ;
  • baisse du DEP lorsque celui-ci est suivi.

Cette partie reprend les consignes thérapeutiques personnalisées, les modalités de réévaluation et les circonstances nécessitant de contacter rapidement un professionnel de santé.

Zone rouge : une prise en charge urgente est nécessaire

La zone rouge correspond à une gêne respiratoire importante, à une aggravation rapide ou à une réponse insuffisante au traitement de secours prévu.

Elle rappelle :

  • les consignes immédiates propres au patient ;
  • le traitement de secours prévu ;
  • les signes de gravité ;
  • la nécessité d’appeler le 15 ou le 112.

Les couleurs constituent uniquement des repères visuels. Elles ne remplacent pas des consignes écrites précises.

Pourquoi il n’existe pas de conduite médicamenteuse identique pour tous

La conduite à tenir dépend notamment :

  • de l’âge ;
  • du traitement de fond ;
  • du type de traitement de secours ;
  • de la sévérité de l’asthme ;
  • des exacerbations antérieures ;
  • des maladies associées ;
  • de la capacité à percevoir les symptômes ;
  • de la technique d’inhalation.

Chez l’adolescent et l’adulte, certains traitements utilisent une association contenant un corticoïde inhalé et du formotérol comme traitement de secours. Le même inhalateur peut parfois être utilisé pour le traitement de fond et le soulagement des symptômes.

D’autres schémas thérapeutiques reposent sur des médicaments ou des inhalateurs différents.

Ces stratégies ne sont pas interchangeables. Un document général ne peut donc pas proposer un nombre de bouffées, une fréquence ou une modification thérapeutique applicables à tous les patients.

Ce que devrait contenir le plan d’action

Un plan utilisable devrait permettre de retrouver facilement :

Les informations personnelles

  • nom et prénom ;
  • date de naissance ;
  • professionnel médical à contacter ;
  • personne à prévenir ;
  • allergies ou intolérances connues.

Le traitement habituel

Pour chaque médicament :

  • son nom ;
  • le dispositif d’inhalation ;
  • la dose prescrite ;
  • la fréquence ;
  • le moment de la prise ;
  • les éventuelles consignes techniques.

Les signes personnels d’aggravation

Le document peut préciser les premiers symptômes habituellement ressentis :

  • toux ;
  • sifflements ;
  • oppression ;
  • essoufflement ;
  • réveil nocturne ;
  • réduction des activités ;
  • recours plus fréquent au traitement de secours ;
  • diminution du DEP lorsqu’il est utilisé.

Les consignes prévues en cas d’aggravation

Cette partie reprend exactement les informations thérapeutiques correspondant à la situation personnelle :

  • médicament ou inhalateur à utiliser ;
  • dose prévue ;
  • fréquence ;
  • dose maximale ;
  • durée ou délai de réévaluation ;
  • critères imposant de contacter un professionnel.

Les signes de gravité

Ils doivent être clairement visibles afin que la personne sache reconnaître une urgence et appeler le 15 ou le 112.

La date de mise à jour

Le document mérite d’être révisé lorsque le traitement ou l’état de santé évolue, notamment après une exacerbation, une consultation non programmée ou un passage aux urgences.

Le rôle du pharmacien

Le pharmacien peut contribuer à rendre le plan compréhensible et utilisable.

Il peut notamment :

  • vérifier la concordance entre les médicaments inscrits et l’ordonnance en cours ;
  • aider à différencier le traitement de fond et le traitement de secours ;
  • contrôler la disponibilité et la date de péremption des inhalateurs ;
  • faire réaliser le geste d’inhalation afin de repérer une erreur ;
  • expliquer le fonctionnement du compteur de doses ;
  • vérifier la compréhension des consignes ;
  • repérer une augmentation inhabituelle du recours au traitement de secours ;
  • orienter vers le médecin lorsque le traitement ou les consignes nécessitent une réévaluation.

Les décisions concernant les médicaments, les doses et leurs adaptations relèvent de la prescription. Le pharmacien contribue à leur compréhension, à la sécurisation de leur utilisation et à l’acquisition des compétences nécessaires par le patient.

Un plan écrit ne suffit pas à lui seul

L’efficacité d’un plan d’action repose sur son association avec une éducation à la gestion de l’asthme et un suivi régulier.

La personne doit pouvoir :

  • reconnaître ses symptômes ;
  • distinguer ses différents inhalateurs ;
  • utiliser correctement chaque dispositif ;
  • comprendre les consignes inscrites ;
  • évaluer l’évolution de son état ;
  • identifier les situations nécessitant une aide médicale.

Les travaux scientifiques montrent que les programmes associant éducation, auto-surveillance, suivi régulier et plan d’action écrit peuvent réduire les recours aux soins non programmés.

Un document non expliqué ou ne correspondant plus au traitement en cours risque, au contraire, de ne pas être utilisable au moment où il devient nécessaire.

Le tableau Pharma-Coach à compléter

Pharma-Coach met à disposition un tableau Excel remplissable destiné aux adultes et aux adolescents asthmatiques.

Plan_action_asthme_adulte_adolescent –  ( il comporte plusieurs ongletsà lire attentivement _ et ce tableau personnel est à garder sur vous – il facilitera votre suivi therapeutique

Il permet de rassembler :

  • le traitement habituel ;
  • les signes personnels d’aggravation ;
  • les consignes thérapeutiques prescrites ;
  • les critères de recours à un professionnel ;
  • les signes d’urgence ;
  • les contacts utiles ;
  • le suivi du DEP lorsqu’il est prévu.

Les cellules consacrées aux médicaments et aux adaptations thérapeutiques sont volontairement laissées vierges. Elles doivent être complétées avec les informations correspondant au traitement personnel.

 

Ce qu’il faut retenir

Le plan d’action contre l’asthme aide à reconnaître une perte de contrôle, à appliquer les consignes prévues et à identifier une urgence.

Pour être utile, il doit être :

  • écrit ;
  • personnalisé ;
  • adapté au traitement réellement prescrit ;
  • expliqué et compris ;
  • facilement accessible ;
  • régulièrement actualisé.

Son objectif n’est pas de remplacer le suivi médical, mais de donner à la personne asthmatique des repères clairs pour ne pas rester seule face à une respiration qui se dégrade.

Ce contenu et le tableau proposé ont une visée éducative. Ils ne remplacent ni une consultation médicale ni les consignes thérapeutiques personnalisées. En présence d’une difficulté respiratoire sévère ou d’une aggravation rapide, le 15 ou le 112 doit être appelé.

Références scientifiques et professionnelles

  1. Global Initiative for Asthma. Global Strategy for Asthma Management and Prevention, mise à jour 2026.
  2. Global Initiative for Asthma. Summary Guide for Asthma Management and Prevention, 2026.
  3. Société de pneumologie de langue française. Plans d’action dans l’asthme.
  4. Collège des enseignants de pneumologie. Asthme et rhinite : plan d’action et prise en charge des exacerbations, 2023.
  5. Raherison-Semjen C, Izadifar A, Russier M, et al. Recommandations pour la prise en charge et le suivi des patients asthmatiques adultes et adolescents, 2021.
  6. Gibson PG, Powell H. Written action plans for asthma: an evidence-based review of the key components. Thorax, 2004.
  7. Gatheral TL, et al. Written and personalised action plans for asthma self-management in adults. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2017.
  8. Pegoraro F, et al. Asthma Action Plans: an international review focused on patient education and implementation, 2022.
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