Les différents stades de l’emphysème* et leur traitement
* l’emphysème – Pour aller plus loin
Les traitements de l’emphysème doivent être adaptés à chaque situation : symptômes, fréquence des exacerbations, capacité respiratoire, autonomie et retentissement sur la vie quotidienne.
Le Guide Premium Emphysème vous aide à mieux comprendre les différentes options thérapeutiques, à préparer vos consultations et à identifier les questions utiles à poser aux professionnels de santé.
Découvrir le Guide Premium Emphysème

Le traitement de l’emphysème ne dépend pas uniquement d’un « stade ». Il doit être personnalisé selon plusieurs éléments : l’intensité de l’essoufflement, la fréquence des exacerbations, les résultats des explorations fonctionnelles respiratoires, la capacité à l’effort, l’oxygénation du sang, les autres maladies associées et, dans certaines situations, la répartition des lésions observées au scanner.
À ce jour, aucun traitement ne permet de reconstruire les alvéoles détruites. En revanche, une prise en charge adaptée peut :
- ralentir l’aggravation de la maladie ;
- réduire l’essoufflement ;
- améliorer la capacité à l’effort et la qualité de vie ;
- préserver l’autonomie ;
- prévenir certaines exacerbations et hospitalisations.
Cette prise en charge associe, selon la situation, l’arrêt du tabac, les traitements inhalés, l’activité physique ou la réhabilitation respiratoire, la prévention des infections et, pour certains patients soigneusement sélectionnés, l’oxygénothérapie ou une intervention spécialisée.
1. Les traitements utiles dès le diagnostic
Dès le diagnostic, la prise en charge vise à réduire les facteurs d’aggravation, maintenir les capacités physiques et prévenir les complications. Elle doit être adaptée aux symptômes, aux résultats des explorations fonctionnelles respiratoires, aux exacerbations et aux besoins propres à chaque patient.

Arrêt du tabac et du vapotage
C’est le traitement le plus important.
Même lorsque l’emphysème est déjà présent, l’arrêt du tabac ralentit significativement la perte de fonction respiratoire.
👉 Continuer à fumer entretient :
- l’inflammation
- le stress oxydatif
- la destruction des alvéoles
- l’air piégé
Activité physique régulière
Très importante dès les premiers stades.
Objectifs :
- maintenir la masse musculaire
- améliorer l’endurance
- diminuer le coût respiratoire de l’effort
- limiter le cercle vicieux :
essoufflement → immobilité → perte musculaire → aggravation de la dyspnée
Vaccination
Les infections respiratoires peuvent accélérer l’évolution.
Vaccinations importantes selon les recommandations :
- grippe
- pneumocoque
- COVID-19
- parfois VRS chez certains patients âgés ou fragiles
Bronchodilatateurs si besoin
Certains patients reçoivent :
- bronchodilatateurs de courte durée d’action
- ou bronchodilatateurs longue durée
But :
- ouvrir les bronches
- faciliter la sortie de l’air
- diminuer l’hyperinflation
2. Traitements inhalés et réhabilitation respiratoire
Bronchodilatateurs longue durée
Le traitement devient souvent quotidien.
Deux grandes familles sont utilisées.
LABA
(Bêta-2 agonistes longue action)
Effets :
- relâchent les muscles bronchiques
- augmentent le calibre bronchique
- améliorent le débit aérien
LAMA
(Anticholinergiques longue action)
Effets :
- diminuent le rétrécissement bronchique
- réduisent l’hyperinflation
- diminuent l’air piégé
👉 Très utilisés dans la BPCO emphysémateuse.
Réhabilitation respiratoire
Traitement majeur mais encore insuffisamment proposé.
Elle comprend :
- exercice physique adapté
- réentraînement à l’effort
- kinésithérapie respiratoire
- éducation thérapeutique
- accompagnement nutritionnel
- apprentissage ventilatoire
Effets scientifiquement démontrés :
- diminution de la dyspnée
- amélioration de la qualité de vie
- augmentation de la capacité à l’effort
- diminution des hospitalisations
Techniques respiratoires
Exemples :
- respiration à lèvres pincées
- contrôle ventilatoire
- expiration lente
- gestion de l’effort
La respiration à lèvres pincées aide parfois à limiter le collapsus bronchique expiratoire.
3. Adapter le traitement lorsque les symptômes persistent

Double bronchodilatation
Association fréquente :
LABA + LAMA
👉 Peut améliorer :
- le confort respiratoire
- la tolérance à l’effort
- les symptômes quotidiens
Corticoïdes inhalés
Ils ne sont pas systématiques.
Ils sont surtout utiles :
- en cas d’exacerbations répétées
- chez certains profils inflammatoires
- lorsqu’il existe une composante asthmatique associée
Oxygénothérapie
Elle est indiquée uniquement si une hypoxémie chronique est objectivée.
L’oxygène :
- ne “débloque” pas les bronches
- ne corrige pas directement l’air piégé
- ne traite pas seul la mécanique ventilatoire
👉 Il corrige un déficit réel en oxygène sanguin.
Nutrition et muscles
La fonte musculaire aggrave fortement l’essoufflement.
Chez certains patients :
- respirer consomme énormément d’énergie
- la perte de poids devient importante
- les muscles respiratoires s’épuisent
Le maintien musculaire devient donc un objectif thérapeutique majeur.
4. Traitements réservés à certaines situations avancées

Ventilation non invasive (VNI)
Dans certains cas :
- elle aide les muscles respiratoires
- diminue le travail ventilatoire
- améliore les échanges gazeux
- favorise le repos respiratoire nocturne
Réduction de volume pulmonaire
Chez certains patients sélectionnés.
Objectif :
- retirer ou exclure les zones pulmonaires très détruites et hyperdistendues
👉 Cela peut améliorer :
- la mécanique respiratoire
- le fonctionnement diaphragmatique
- l’efficacité ventilatoire
Techniques possibles :
- chirurgie
- valves endobronchiques
Transplantation pulmonaire
Rare.
Réservée à des patients très sélectionnés.
5. Les exacerbations : un point critique

Une exacerbation correspond à une aggravation brutale :
- de l’essoufflement
- de la toux
- des expectorations
- parfois de l’oxygénation
Causes fréquentes :
- infections virales
- infections bactériennes
- pollution
- irritants respiratoires
Pourquoi elles sont importantes
Chaque exacerbation peut :
- accélérer la perte respiratoire
- augmenter l’inflammation pulmonaire
- favoriser les hospitalisations
- aggraver le pronostic
Traitement des exacerbations
Selon les situations :
- augmentation des bronchodilatateurs
- corticothérapie courte
- antibiotiques dans certains cas
- oxygène
- hospitalisation
- VNI en cas de décompensation sévère
6. Les approches non médicamenteuses sont essentielles

Dans l’emphysème, les traitements ne reposent pas uniquement sur les médicaments.
Les leviers majeurs sont souvent :
- arrêt du tabac
- activité physique
- réhabilitation respiratoire
- sommeil
- nutrition
- compréhension de la maladie
- gestion de l’effort
- prévention des infections
7. Ce qu’il faut retenir

Dans l’emphysème :
❌ il n’existe pas aujourd’hui de solution unique capable de “faire repousser” le poumon détruit.
La prise en charge repose sur une combinaison :
- traitements inhalés
- activité physique
- techniques respiratoires
- prévention
- accompagnement global
- réduction des exacerbations
👉 Plus la prise en charge est précoce, plus l’impact potentiel est important.
Références scientifiques
GOLD Report 2024
GOLD COPD 2024 Report
Recommandations HAS – BPCO
Guide du parcours de soins BPCO – Haute Autorité de santé
Réhabilitation respiratoire ERS/ATS
ERS/ATS Pulmonary Rehabilitation Statement
Oxygénothérapie chronique
Long-term oxygen therapy study – PubMed
Valves endobronchiques
Endobronchial valves for severe emphysema – PubMed
