BPCO, fibrose pulmonaire, oxygénothérapie : quand faut-il penser à une embolie pulmonaire ?

MEDIMAA : l’avis de la HAS rappelle un diagnostic souvent oublié chez les patients respiratoires chroniques

Une actualité réglementaire qui mérite l’attention des patients et des professionnels de santé

la Haute Autorité de Santé (HAS) a rendu un avis favorable au remboursement hospitalier de MEDIMAA (macroagrégats d’albumine humaine – macrosalb) dans le cadre de la scintigraphie de perfusion pulmonaire.

Si cette décision concerne avant tout les services de médecine nucléaire, elle constitue également l’occasion de rappeler un enjeu majeur en pneumologie : le diagnostic précoce de l’embolie pulmonaire chez les patients atteints de maladies respiratoires chroniques.

Chez ces patients, une aggravation soudaine de l’essoufflement est souvent attribuée à la maladie respiratoire elle-même. Pourtant, une embolie pulmonaire peut parfois être en cause et nécessite alors une prise en charge rapide.


embolie pulmonaire

Légende : Chez les patients souffrant de BPCO, de fibrose pulmonaire ou d’insuffisance respiratoire chronique, l’aggravation de la dyspnée ne doit jamais être banalisée.


La décision de la HAS concernant MEDIMAA

MEDIMAA est un radiopharmaceutique utilisé pour réaliser des scintigraphies pulmonaires de perfusion.

La Commission de la Transparence de la HAS lui a attribué :

  • un Service Médical Rendu (SMR) important ;
  • une Amélioration du Service Médical Rendu de niveau V (ASMR V).

Concrètement, cela signifie que MEDIMAA présente un intérêt diagnostique reconnu mais n’apporte pas d’amélioration démontrée par rapport aux spécialités déjà disponibles telles que PULMOCIS ou MACROSALB DRAXIMAGE.

Pour la HAS, l’intérêt principal de MEDIMAA réside donc dans la disponibilité d’une offre supplémentaire pour la réalisation des scintigraphies pulmonaires de perfusion.

En revanche, la HAS a rendu un avis défavorable au remboursement dans l’indication de scintigraphie veineuse.


Qu’est-ce qu’une scintigraphie pulmonaire de perfusion ?

La scintigraphie pulmonaire est un examen de médecine nucléaire qui permet d’évaluer la circulation sanguine à l’intérieur des poumons.

Après injection intraveineuse de macroagrégats d’albumine marqués au technétium 99m, une gamma-caméra visualise la répartition du sang dans le tissu pulmonaire.

Lorsqu’une artère pulmonaire est obstruée par un caillot, la région concernée apparaît comme une zone insuffisamment perfusée.

Cet examen contribue ainsi au diagnostic de l’embolie pulmonaire.


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Légende : La scintigraphie permet de visualiser les zones normalement perfusées et celles affectées par une obstruction artérielle.


Quand la scintigraphie pulmonaire garde -t-elle une place importante ?

L’angioscanner thoracique est aujourd’hui l’examen le plus fréquemment utilisé pour diagnostiquer une embolie pulmonaire.

Cependant, la scintigraphie pulmonaire conserve une place importante dans certaines situations :

  • insuffisance rénale limitant l’utilisation des produits de contraste iodés ;
  • allergie aux produits de contraste ;
  • grossesse ;
  • nécessité d’évaluer la fonction pulmonaire régionale ;
  • certaines évaluations préopératoires pulmonaires.

C’est dans ce contexte que les produits à base de macrosalb conservent tout leur intérêt.


L’embolie pulmonaire : une urgence parfois difficile à reconnaître

L’embolie pulmonaire survient lorsqu’un caillot sanguin, généralement issu d’une thrombose veineuse profonde des membres inférieurs, migre vers les artères pulmonaires.

Cette pathologie représente l’une des principales causes de mortalité cardiovasculaire évitable.

La bonne nouvelle est qu’elle peut être efficacement traitée grâce aux anticoagulants lorsqu’elle est diagnostiquée rapidement.

La difficulté réside souvent dans la reconnaissance précoce des symptômes.


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Légende : La majorité des embolies pulmonaires proviennent d’une thrombose veineuse profonde des membres inférieurs.


Pourquoi les patients respiratoires chroniques méritent -ils une vigilance particulière ?

Chez les patients atteints de BPCO, de fibrose pulmonaire ou d’insuffisance respiratoire chronique, les symptômes d’une embolie pulmonaire peuvent ressembler à ceux d’une exacerbation respiratoire.

Ainsi, lorsqu’une aggravation de la dyspnée apparaît de façon brutale ou reste inexpliquée, une cause thromboembolique doit être envisagée.

Les patients les plus à risque sont notamment :

  • les patients atteints de BPCO sévère ;
  • les patients sous oxygénothérapie de longue durée ;
  • les personnes à mobilité réduite ;
  • les patients atteints d’un cancer pulmonaire ;
  • les patients souffrant de fibrose pulmonaire ;
  • les personnes ayant déjà présenté une phlébite ou une embolie pulmonaire.

Les signes qui doivent alerter

Une consultation médicale rapide est recommandée en présence de :

  • aggravation brutale de l’essoufflement ;
  • désaturation inexpliquée ;
  • douleur thoracique augmentée à l’inspiration ;
  • tachycardie persistante ;
  • malaise ou syncope ;
  • hémoptysie ;
  • gonflement douloureux d’une seule jambe.

Ces symptômes ne signifient pas nécessairement qu’une embolie pulmonaire est présente, mais ils justifient une évaluation médicale.


 

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Légende : Une baisse inexpliquée de la saturation en oxygène doit attirer l’attention, en particulier chez les patients respiratoires chroniques.


Le rôle du pharmacien : un maillon essentiel de la détection précoce

Le pharmacien est souvent l’un des premiers professionnels de santé à être informé d’une aggravation respiratoire.

Une vigilance particulière est nécessaire devant :

  • un essoufflement inhabituel ;
  • une désaturation récente ;
  • une douleur thoracique nouvelle ;
  • une immobilisation récente ;
  • un gonflement unilatéral d’un membre inférieur.

L’orientation rapide vers une consultation médicale peut contribuer à réduire les délais diagnostiques.


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Légende : Le repérage des signes d’alerte fait partie de la prévention des complications thromboemboliques.


La prévention reste le meilleur traitement

L’embolie pulmonaire est souvent évitable lorsque les facteurs de risque sont identifiés.

Les mesures les plus efficaces reposent sur :

✓ la mobilisation précoce après une hospitalisation ou une chirurgie ;

✓ le maintien d’une activité physique adaptée ;

✓ l’évitement des périodes prolongées d’immobilisation ;

✓ l’utilisation d’un traitement anticoagulant préventif lorsqu’il est indiqué.


À retenir

L’avis rendu par la HAS concernant MEDIMAA confirme la place importante de la scintigraphie pulmonaire de perfusion dans certaines situations diagnostiques.

Au-delà de l’évaluation de ce médicament, cet avis rappelle surtout qu’une aggravation brutale de l’essoufflement chez un patient atteint de BPCO, de fibrose pulmonaire, d’insuffisance respiratoire chronique ou de cancer pulmonaire ne doit jamais être systématiquement attribuée à la maladie respiratoire elle-même.

L’embolie pulmonaire doit faire partie des diagnostics évoqués précocement, car une prise en charge rapide améliore considérablement le pronostic.


Références

  • Haute Autorité de Santé. MEDIMAA 2,5 mg (macroagrégats d’albumine humaine – macrosalb). Commission de la Transparence. Avis du 17 juin 2026.
  • https://www.has-sante.fr/jcms/p_4085507/fr/medimaa-macroagregats-d-albumine-humaine-macrosalb
  • Recommandations de la Société Européenne de Cardiologie (ESC) sur la prise en charge de l’embolie pulmonaire.
  • Standards cliniques de l’European Respiratory Society (ERS) relatifs au diagnostic et à la prise en charge de l’embolie pulmonaire.

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