Notre analyse sera de répondre à ces questions sur le TOZORAKIMAB dans la BPCO:
1. Qu’est-ce que le tozorakimab et pourquoi cible-t-il l’IL‑33 ?
Le tozorakimab est un anticorps monoclonal. Il bloque l’IL‑33, une protéine qui participe à l’inflammation des voies respiratoires. L’objectif est de réduire les exacerbations de BPCO.
- Le tozorakimab est un anticorps monoclonal, c’est-à-dire un médicament conçu pour reconnaître et bloquer une cible précise dans l’organisme.
- Sa cible est l’IL‑33, une protéine libérée lorsque les cellules qui tapissent les voies respiratoires sont agressées ou endommagées, notamment par la fumée de tabac, la pollution ou une infection respiratoire.
- L’IL‑33 agit comme un signal d’alarme : elle déclenche et entretient plusieurs réactions inflammatoires dans les bronches. Chez certaines personnes atteintes de BPCO, cette inflammation peut favoriser la survenue d’exacerbations, c’est-à-dire des aggravations brutales des symptômes respiratoires.
- En bloquant l’action de l’IL‑33, le tozorakimab cherche donc à réduire cette inflammation et à diminuer le nombre d’exacerbations modérées ou sévères.
Ce traitement ne remplace pas les inhalateurs. Dans les études, il était administré par injection, en complément du traitement inhalé habituel.

2. Chez quels patients a-t-il été étudié ?
Il a été étudié chez des patients atteints de BPCO, encore symptomatiques malgré leur traitement inhalé, ayant présenté au moins deux exacerbations modérées ou une exacerbation sévère au cours de l’année précédente.
3. Que signifie réellement une réduction d’environ 30 % des exacerbations ?
Les patients traités par tozorakimab ont présenté environ 30 % d’exacerbations modérées ou sévères en moins que ceux recevant un placebo. Cela représente approximativement 0,6 exacerbation évitée par patient sur une année.
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Le tozorakimab a été étudié chez des adultes atteints de BPCO qui fumaient ou avaient fumé et qui restaient symptomatiques malgré un traitement inhalé stable.
Ces patients avaient présenté, au cours de l’année précédente :
- au moins deux exacerbations modérées, nécessitant notamment un traitement par corticoïdes ou antibiotiques ;
- ou au moins une exacerbation sévère ayant entraîné une hospitalisation.
Il s’agissait donc de patients ayant une BPCO à haut risque d’exacerbations, malgré une prise en charge inhalée déjà en place.
Contrairement à certaines autres biothérapies, aucun taux minimal d’éosinophiles dans le sang n’était exigé pour participer à ces études.
Quels patients ne sont pas concernés par ces résultats ?
Ces résultats ne peuvent pas être directement appliqués :
- aux personnes ayant une BPCO stable, sans exacerbations répétées ;
- aux patients dont les symptômes sont liés à une mauvaise utilisation des inhalateurs ou à des prises irrégulières ;
- aux personnes essoufflées sans diagnostic confirmé de BPCO ;
- aux patients atteints uniquement d’asthme, d’emphysème ou d’insuffisance respiratoire ;
- aux personnes n’ayant jamais fumé, car la population étudiée était composée de fumeurs ou d’anciens fumeurs ;
- aux patients présentant seulement une exacerbation modérée dans l’année.
Cela ne signifie pas que le traitement sera nécessairement inefficace chez ces personnes, mais simplement que les études présentées ne permettent pas de le démontrer.
À qui pourrait-il être proposé à l’avenir ?
S’il obtient une autorisation, le tozorakimab pourrait être envisagé chez certains patients ayant une BPCO avec des exacerbations fréquentes malgré un traitement inhalé bien conduit.
Avant de le proposer, il faudra notamment vérifier :
- que le diagnostic de BPCO est confirmé ;
- que le traitement inhalé est adapté et correctement utilisé ;
- que les prises sont régulières ;
- que les autres causes d’aggravation ont été recherchées ;
- que le patient correspond aux critères définis par l’autorisation et les futures recommandations.
Le tozorakimab serait alors un traitement complémentaire, prescrit après une évaluation spécialisée. Il ne remplacerait pas les inhalateurs. À ce jour, il n’est pas encore disponible en pratique courante.

4. Que ne sait-on pas encore ?
Nous ne savons pas encore si le tozorakimab diminue les hospitalisations ou la mortalité. Son effet sur la dyspnée, la qualité de vie et sa tolérance à long terme reste à préciser. Son prix n’est pas encore connu.
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Les résultats montrent une diminution des exacerbations modérées ou sévères sur une année. Cependant, plusieurs questions restent sans réponse.
Diminue-t-il les hospitalisations ?
Les études ont regroupé les exacerbations modérées et sévères dans un même résultat. Elles ne permettent pas encore d’affirmer avec certitude que le tozorakimab réduit, à lui seul, le nombre d’hospitalisations liées à la BPCO.
Réduit-il la mortalité ?
Les études n’ont pas été conçues pour démontrer une diminution de la mortalité. Des essais plus longs et portant sur davantage de patients seront nécessaires.
Améliore-t-il l’essoufflement ?
La réduction des exacerbations ne signifie pas automatiquement que le patient respire mieux au quotidien. L’effet du tozorakimab sur la dyspnée, la capacité à l’effort et les activités quotidiennes reste à préciser.
Améliore-t-il la qualité de vie ?
Il faut encore déterminer si les patients ressentent une amélioration importante et durable de leur sommeil, de leur autonomie, de leur fatigue ou de leur vie quotidienne.
Quelle est sa tolérance à long terme ?
La tolérance observée pendant les 52 semaines des études était globalement comparable à celle du placebo. Mais une année de suivi ne suffit pas pour identifier tous les effets indésirables rares ou tardifs.
Le bénéfice persiste-t-il au-delà d’un an ?
Nous ne savons pas encore si la diminution des exacerbations se maintient pendant plusieurs années ni si l’efficacité reste identique au fil du traitement.
Quel sera son prix ?
Son prix, ses conditions de remboursement et son rapport entre le coût et le bénéfice clinique ne sont pas encore connus.
Quels patients en bénéficieront le plus ?
Il reste à identifier précisément les patients qui répondent le mieux au traitement et à déterminer sa place par rapport aux autres biothérapies disponibles ou en développement dans la BPCO.

5. Pourquoi cela ne change-t-il pas encore le traitement actuel des patients ?
Le tozorakimab n’est pas encore autorisé ni disponible en pratique courante. Les patients doivent donc poursuivre leur traitement habituel sans le modifier.
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5. Pourquoi cela ne change-t-il pas encore le traitement actuel des patients ?
Le tozorakimab a obtenu des résultats encourageants dans deux essais cliniques de phase III. Cependant, ces résultats ne suffisent pas pour qu’un médicament soit immédiatement prescrit.
Le médicament doit encore être évalué
Les autorités de santé doivent examiner l’ensemble des données concernant :
- son efficacité ;
- ses effets indésirables ;
- sa tolérance à long terme ;
- les patients auxquels il pourrait être proposé ;
- ses modalités d’utilisation.
Elles décideront ensuite s’il peut obtenir une autorisation de mise sur le marché.
Il n’est pas encore disponible
Le tozorakimab n’est pas actuellement accessible en pratique courante. Son prix, ses conditions de remboursement et ses règles de prescription ne sont pas encore définis.
Sa place dans le traitement reste à déterminer
Il faudra préciser à quel moment l’utiliser et chez quels patients. Il faudra également déterminer sa place par rapport aux autres traitements et biothérapies de la BPCO.
Il ne remplacera pas les inhalateurs
Dans les études, le tozorakimab était ajouté au traitement inhalé habituel. Il n’était pas utilisé pour le remplacer.
Les inhalateurs restent indispensables pour :
- ouvrir les bronches ;
- diminuer les symptômes ;
- améliorer la respiration ;
- prévenir certaines exacerbations.
Le traitement actuel doit donc être poursuivi
Les patients ne doivent ni arrêter ni modifier leurs inhalateurs en raison de ces résultats. Leur traitement doit être poursuivi comme prescrit et réévalué avec leur médecin ou leur pharmacien en cas de difficulté, d’effet indésirable ou d’exacerbations répétées.

