STRATEGIE ET PILOTAGE SANTE

Cette rubrique s’adresse aux mutuelles, institutions, directions hospitalières et acteurs du système de santé souhaitant optimiser les parcours de soins, améliorer la pertinence des prises en charge et maîtriser durablement les dépenses de santé.

Face à l’augmentation des maladies chroniques, au vieillissement de la population et aux contraintes économiques croissantes, le pilotage stratégique devient un levier majeur de performance sanitaire et financière.

SOUS DIAGNOSTIC ET INEGALITES TERRITORIALES – à destination des décideurs territoriaux

Une maladie fréquente mais largement invisible : La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) constitue l’une des principales maladies respiratoires chroniques dans les pays industrialisés. Pourtant, elle demeure massivement sous-diagnostiquée, y compris dans les systèmes de santé disposant d’un accès large aux soins. En France, les estimations convergent vers : 3,5 à 4 millions de personnes atteintes moins d’un tiers diagnostiqué ( étude SRF 2005 90% non diagnostiqués et 2015 70% no diagnostiqués…) plusieurs centaines de milliers de patients symptomatiques non identifiés Cette situation crée une zone invisible de la maladie, composée de patients présentant déjà une limitation ventilatoire mais n’ayant jamais bénéficié d’une spirométrie diagnostique. Pour les décideurs territoriaux (ARS, collectivités, CPTS, établissements), cette réalité signifie que les indicateurs hospitaliers ne reflètent que la partie émergée du problème. Les territoires face à des inégalités de repérage Le diagnostic de BPCO repose sur un examen simple : la spirométrie avec mesure du rapport VEMS/CVF. Pourtant, l’accès réel à cet examen reste hétérogène selon les territoires. Plusieurs facteurs expliquent ces inégalités : 1. Accessibilité de la spirométrie Dans certains territoires : densité pneumologique faible peu de spiromètres en soins primaires délais longs pour un rendez-vous spécialisé Résultat : des patients symptomatiques ne sont jamais explorés. 2. Banalisation des symptômes Les symptômes initiaux sont souvent attribués à : l’âge le tabac le manque d’activité physique L’essoufflement progressif est donc normalisé pendant des années. 3. Retard de consultation De nombreux patients consultent seulement lors : d’une exacerbation sévère d’une hospitalisation ou d’une aggravation marquée de la dyspnée. Dans ces situations, la maladie est souvent déjà avancée. Une perte de chance mesurable pour les patients Le retard diagnostique entraîne une perte de chance clinique significative. Plusieurs dimensions sont concernées. 1. Perte de chance thérapeutique Un diagnostic précoce permet : arrêt du tabac accompagné vaccination bronchodilatateurs adaptés réhabilitation respiratoire activité physique structurée Ces mesures ralentissent le déclin fonctionnel respiratoire. Lorsqu’elles sont mises en place tardivement, la récupération fonctionnelle est limitée. 2. Augmentation des exacerbations Les exacerbations aiguës constituent le principal facteur : d’hospitalisation de dégradation respiratoire de mortalité. Or les programmes de prise en charge précoce permettent de réduire la fréquence des exacerbations. 3. Impact médico-économique Les coûts de la BPCO sont très concentrés : hospitalisations pour exacerbation transport sanitaire oxygénothérapie perte d’autonomie. Un diagnostic tardif signifie que le système de santé intervient principalement en phase aiguë, c’est-à-dire au moment où les coûts sont les plus élevés. Le repérage précoce : un levier stratégique territorial Le questionnaire respiratoire : un outil simple révélant l’ampleur du sous-diagnostic Le questionnaire présenté ci-dessus illustre une réalité bien documentée en santé publique respiratoire : de nombreux patients présentent des symptômes compatibles avec une BPCO sans jamais avoir bénéficié d’un diagnostic formel. Cet outil de repérage, basé sur quelques questions simples — dyspnée, expectorations, limitation des activités, tabagisme et âge — permet d’identifier rapidement des profils à risque qui devraient bénéficier d’une évaluation respiratoire. Dans de nombreux territoires, ces symptômes sont encore banalisés pendant plusieurs années : essoufflement attribué à l’âge ou au manque d’activité physique toux chronique considérée comme « normale » chez les fumeurs expectorations interprétées comme de simples bronchites répétées. Cette banalisation contribue au retard diagnostique, alors même que la confirmation de la maladie repose sur un examen simple : la spirométrie. Les conséquences sont majeures : diagnostic posé tardivement exacerbations évitables hospitalisations répétées perte de fonction respiratoire irréversible. Pour les systèmes de santé, cette situation se traduit également par une concentration des coûts sur les stades avancés de la maladie, notamment lors des exacerbations nécessitant une hospitalisation. Ce que révèle ce questionnaire pour les décideurs territoriaux L’intérêt de ce type d’outil est double. D’une part, il montre qu’un repérage précoce peut être réalisé très simplement, en soins primaires ou dans des actions de prévention territoriales. D’autre part, il met en évidence l’existence d’une population invisible de patients symptomatiques, souvent non diagnostiqués, qui constituent pourtant une part importante des futurs patients hospitalisés pour exacerbation. Autrement dit : le coût hospitalier de la BPCO est souvent la conséquence d’un repérage trop tardif. Actions possibles pour les territoires et établissements Face à ce constat, plusieurs actions concrètes peuvent être déployées au niveau territorial : 1. Structurer le repérage précoce Intégrer des questionnaires respiratoires simples dans : les consultations de médecine générale les actions de prévention territoriale les programmes de santé publique. 2. Faciliter l’accès à la spirométrie Développer la spirométrie dans : les maisons de santé les centres de santé les dispositifs territoriaux de prévention. 3. Cartographier les zones de sous-diagnostic L’analyse des données territoriales (hospitalisations, prescriptions inhalées, accès aux explorations respiratoires) permet d’identifier les territoires à forte perte de chance. Enjeu stratégique Réduire le sous-diagnostic de la BPCO ne relève pas uniquement d’un enjeu clinique. Il s’agit aussi d’un levier majeur de prévention des hospitalisations évitables et de maîtrise des coûts respiratoires pour les systèmes de santé territoriaux. Le repérage précoce constitue donc l’un des investissements les plus efficaces en santé respiratoire. Pour les établissements et institutions territoriales, la question n’est plus uniquement clinique : elle devient organisationnelle et populationnelle. Plusieurs stratégies peuvent être déployées. Repérage ciblé des populations à risque Les populations prioritaires sont : fumeurs ou ex fumeurs > 40 ans personnes présentant dyspnée d’effort patients avec toux chronique ou expectorations. Des questionnaires simples permettent d’identifier ces profils en soins primaires. Déploiement de la spirométrie en proximité Les expériences territoriales montrent l’intérêt : de la spirométrie en maison de santé des campagnes de dépistage ciblées de la formation des professionnels de première ligne. Coordination territoriale La réduction du sous-diagnostic repose sur : coordination ville-hôpital réseaux respiratoires CPTS et dispositifs territoriaux. Vers une politique territoriale de réduction du sous-diagnostic Pour les décideurs territoriaux, la BPCO représente un exemple typique de maladie chronique où la prévention secondaire est déterminante. Trois axes structurants peuvent être envisagés : 1. Cartographier le sous-diagnostic Analyser : hospitalisations pour exacerbation prescriptions inhalées densité pneumologique accès à la spirométrie. Cette approche permet d’identifier les territoires à forte perte de chance. 2. Déployer des programmes de

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Anticiper les coûts des maladies respiratoires chroniques – et comment les réduire

Anticiper les coûts des maladies respiratoires chroniques Les patients à risque avant l’hospitalisation Les maladies respiratoires chroniques représentent aujourd’hui une part croissante des dépenses de santé dans les pays développés. Parmi elles, la bronchopneumopathie chronique obstructive (Bronchopneumopathie chronique obstructive) constitue un modèle particulièrement instructif pour les organismes payeurs, car la majorité des coûts se concentre sur un nombre limité d’assurés présentant des exacerbations sévères. Pour les régimes obligatoires (RO) et complémentaires (RC), la question n’est donc plus seulement clinique : elle est actuarielle et stratégique. Identifier précocement les profils à risque permet de transformer une logique de dépense subie en pilotage anticipé du risque sanitaire et économique. Une distribution des coûts extrêmement concentrée Dans les maladies chroniques respiratoires, les dépenses suivent généralement une distribution asymétrique : une majorité de patients génèrent des coûts faibles à modérés une minorité d’assurés concentre l’essentiel des dépenses ces coûts sont majoritairement liés aux hospitalisations Dans le cas de la BPCO, plusieurs analyses économiques montrent que : 20 % des patients génèrent près de 70 % des dépenses les hospitalisations pour exacerbations représentent 50 à 75 % du coût total le risque d’hospitalisation est fortement prédictif des dépenses futures Autrement dit, le principal déterminant économique n’est pas la prévalence mais la sévérité et l’instabilité clinique. Un indicateur simple : l’historique d’exacerbations La littérature scientifique montre qu’un indicateur permet d’identifier rapidement les profils coûteux : l’historique d’exacerbations nécessitant hospitalisation. Un patient ayant présenté : 1 hospitalisation dans l’année→ risque multiplié de nouvelle hospitalisation ≥2 exacerbations modérées ou sévères→ probabilité élevée d’aggravation clinique Ces patients entrent dans une trajectoire de coûts croissants, liée à : l’aggravation de la fonction respiratoire la dépendance à l’oxygénothérapie ou aux dispositifs médicaux la fréquence des réadmissions hospitalières Pour un payeur, ces trajectoires constituent un signal précoce de dérive des dépenses. Le coût économique d’une exacerbation hospitalisée Les données médico-économiques européennes convergent vers les ordres de grandeur suivants : Type d’événement Coût moyen estimé Exacerbation traitée en ambulatoire 100 à 300 € Exacerbation avec passage aux urgences 500 à 1 500 € Hospitalisation pour exacerbation 3 000 à 7 000 € Réhospitalisation dans l’année 7 000 à 15 000 € cumulés Dans les cohortes hospitalières : près de 30 % des patients sont réhospitalisés dans l’année la mortalité à 1 an après hospitalisation peut atteindre 20 à 25 % Ces événements représentent donc un coût médical et actuariel majeur. Les profils  à surveiller en priorité Pour l’Assurance santé, plusieurs variables permettent de stratifier le risque : Facteurs cliniques hospitalisation respiratoire récente oxygénothérapie ou ventilation à domicile polypathologies (cardiovasculaire, diabète) Facteurs de parcours de soins passages répétés aux urgences prescriptions répétées de corticoïdes ou antibiotiques faible suivi en pneumologie Facteurs médico-sociaux isolement social perte d’autonomie observance thérapeutique insuffisante La combinaison de ces variables permet de détecter les typologies susceptibles d’entrer dans une trajectoire de dépenses élevées. Une opportunité pour les organismes payeurs : la prévention Pour les assureurs et mutuelles, la prévention ciblée offre un potentiel important : réduction des hospitalisations évitables stabilisation des maladies chroniques amélioration de la qualité de vie des assurés Les leviers d’action incluent notamment : programmes d’éducation thérapeutique accompagnement à l’observance télésuivi respiratoire coordination ville-hôpital Dans plusieurs programmes internationaux, ces stratégies ont permis de réduire les hospitalisations de 20 à 40 %. Enjeux stratégiques pour les Directions santé Dans un contexte de vieillissement de la population et d’augmentation des maladies chroniques, les organismes payeurs disposent d’un levier majeur : passer d’une logique de remboursement à une logique de gestion proactive du risque sanitaire. L’identification précoce des profils à haut risque constitue le premier niveau de cette stratégie. PROPOSITIONS Les organismes souhaitant mieux anticiper l’impact économique des maladies respiratoires chroniques peuvent engager deux types d’actions : 1 — Analyse médico-économique du portefeuille d’adhérents identification des profils à risque cartographie des hospitalisations respiratoires estimation des coûts futurs 2 — Mise en place de programmes de prévention ciblés éducation thérapeutique accompagnement des patients à haut risque coordination avec les acteurs de soins respiratoires Une approche structurée permet non seulement de maîtriser les dépenses, mais également d’améliorer la prise en charge des patients les plus fragiles. Références scientifiques Global Initiative for Chronic Obstructive Lung DiseaseGlobal Strategy for the Diagnosis, Management and Prevention of COPD.https://goldcopd.org Document de référence international décrivant l’histoire naturelle de la maladie et l’impact des exacerbations sur la mortalité et les coûts. World Health OrganizationGlobal surveillance, prevention and control of chronic respiratory diseases.https://www.who.int/publications/i/item/9789241563468 Analyse mondiale de la charge sanitaire et économique des maladies respiratoires chroniques. Dalal AA, Christensen L, Liu F, Riedel AA.Direct costs of COPD among managed care patients.International Journal of COPD.https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19436682/ Montre que les exacerbations sévères et hospitalisations représentent la majeure partie des coûts directs. Ford ES et al.Total and state-specific medical and absenteeism costs of COPD.Chest.https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23269823/ Analyse détaillée du fardeau économique de la BPCO dans les systèmes d’assurance santé. Hurst JR et al.Susceptibility to exacerbation in chronic obstructive pulmonary disease.New England Journal of Medicine.https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19917915/ Article majeur montrant que l’historique d’exacerbations est le meilleur prédicteur d’exacerbations futures et donc de coûts. Haute Autorité de SantéParcours de soins BPCO – recommandations.https://www.has-sante.fr Recommandations françaises sur la prise en charge et la prévention des exacerbations. Toy EL et al.The economic impact of exacerbations of chronic obstructive pulmonary disease.American Journal of Managed Care.https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19954268/ Montre que 50 à 75 % des dépenses de la BPCO sont liées aux hospitalisations. European Respiratory SocietyEuropean Lung White Book.https://www.erswhitebook.org Rapport majeur sur le poids économique des maladies respiratoires en Europe. nous contacter ou commenter :

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Le poids des hospitalisations dans la BPCO – informations à destination des décideurs préoccupés par les dépenses de santé

 PARTIE  A – Le poids des hospitalisations dans la BPCO Identifier les profils les plus coûteux pour agir efficacement La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) constitue aujourd’hui l’une des maladies chroniques respiratoires les plus lourdes pour les systèmes de santé. Son poids économique repose principalement sur un facteur bien identifié : les hospitalisations pour exacerbation aiguë. Ces hospitalisations présentent deux caractéristiques majeures : elles concentrent l’essentiel des dépenses liées à la maladie une proportion importante est potentiellement évitable. Pour les organismes financeurs, mutuelles, assureurs ou institutions de gestion du risque, la maîtrise des hospitalisations constitue donc un levier stratégique d’efficience du système de santé. Les hospitalisations : principal moteur des dépenses BPCO 4 Dans la BPCO, les hospitalisations représentent la majeure partie des dépenses directes. Les analyses médico-économiques convergent : la majorité des dépenses liées à la BPCO provient des exacerbations nécessitant une hospitalisation. Dans les pays européens comparables à la France : 50 à 70 % des coûts directs de la BPCO sont liés aux hospitalisations les exacerbations sévères représentent le principal déterminant du coût individuel une minorité de patients génère une proportion très importante des dépenses. En France : environ 100 000 hospitalisations pour exacerbation de BPCO chaque année durée moyenne de séjour : 7 à 10 jours coût hospitalier moyen estimé : 3 500 à 7 000 € par épisode selon la gravité. Ces hospitalisations sont également associées à : un risque élevé de réhospitalisation une perte d’autonomie accélérée une mortalité importante dans l’année suivant l’épisode. Une concentration importante des dépenses 4 Une minorité de patients concentre la majorité des dépenses. Comme dans de nombreuses maladies chroniques, les dépenses liées à la BPCO suivent une distribution très asymétrique. Les données de cohorte montrent que : 10 à 20 % des patients BPCO génèrent jusqu’à 60 % des coûts ces patients présentent souvent des exacerbations répétées ils cumulent fréquemment plusieurs facteurs de vulnérabilité. Ces patients correspondent à ce que les économistes de la santé appellent les profils à haut coût. Identifier ces profils permet d’agir beaucoup plus efficacement que des interventions généralisées. Les profils BPCO les plus coûteux Patients exacerbateurs fréquents Certains patients présentent un phénotype d’exacerbations répétées : ≥ 2 exacerbations par an ou ≥ 1 hospitalisation annuelle. Ces patients concentrent une part majeure des dépenses et représentent la cible prioritaire des stratégies de prévention. Patients mal contrôlés ou insuffisamment suivis Plusieurs facteurs augmentent fortement le risque d’hospitalisation : mauvaise technique d’inhalation faible observance thérapeutique absence d’éducation thérapeutique absence de plan d’action en cas d’exacerbation. Plusieurs études montrent que plus de la moitié des patients utilisent mal leurs dispositifs d’inhalation. Patients fragiles et polypathologiques 4 Les hospitalisations sont favorisées par la présence de comorbidités : insuffisance cardiaque diabète dénutrition troubles anxiodépressifs. Ces comorbidités augmentent la gravité des exacerbations et compliquent la prise en charge à domicile. Patients insuffisamment accompagnés à domicile Certaines situations augmentent fortement le risque d’hospitalisation : isolement social coordination insuffisante des soins absence de suivi rapproché après hospitalisation mauvaise reconnaissance des signes d’alerte. Les 30 jours suivant une hospitalisation constituent une période particulièrement à risque de réadmission. Un potentiel d’économies important mais sous-exploité 4 La littérature internationale montre que plusieurs interventions ciblées permettent de réduire significativement les hospitalisations : programmes d’éducation thérapeutique optimisation des traitements inhalés suivi post hospitalisation structuré coordination ville–hôpital télésurveillance respiratoire. Certaines études montrent : réduction des hospitalisations : 20 à 40 % réduction des réhospitalisassions : jusqu’à 50 % dans certains programmes intégrés.    PARTIE  B – propositions d’actions Les hospitalisations pour exacerbation de BPCO représentent aujourd’hui l’un des principaux postes de dépenses évitables en santé respiratoire. Deux orientations complémentaires peuvent être envisagées. I. Analyse médico-économique et audit de la population BPCO Une analyse ciblée permet de : identifier les patients BPCO dans la population couverte mesurer le poids réel des hospitalisations repérer les profils exacerbateurs fréquents analyser les profils à haut coût. Cette étape constitue le diagnostic préalable à toute stratégie d’efficience. II. Déploiement d’actions de prévention ciblées Une fois les profils à risque identifiés, plusieurs interventions peuvent être mises en œuvre : éducation thérapeutique respiratoire optimisation des traitements inhalés suivi structuré après hospitalisation coordination ville–hôpital–domicile programmes d’e-formation pour patients et aidants télésurveillance respiratoire. La stratégie la plus efficace repose généralement sur une approche en deux temps : identifier les coûts évitables cibler les interventions sur les patients à risque. Références scientifiques (liens cliquables) Global Initiative for Chronic Obstructive Lung Diseasehttps://goldcopd.org/2024-gold-report/ Haute Autorité de Santé – Parcours BPCOhttps://www.has-sante.fr/jcms/c_1242507/fr/guide-du-parcours-de-soins-bronchopneumopathie-chronique-obstructive-bpco Prévention des réhospitalisations BPCO – HAShttps://www.has-sante.fr/jcms/c_1750152/fr/comment-prevenir-les-re-hospitalisations-apres-une-exacerbation-de-bpco-fiche-points-cles-et-solutions Santé Publique France – BPCOhttps://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/bpco-et-insuffisance-respiratoire-chronique Assurance Maladie – Comprendre la BPCOhttps://www.ameli.fr/assure/sante/themes/bpco-bronchite-chronique/comprendre-bpco Integrated disease management programs for COPDhttps://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34495549/ COPD exacerbations and healthcare costshttps://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32161455/ Errors in inhaler use and clinical outcomeshttps://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC11363969/

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La BPCO fardeau sanitaire et socio- économique territorial ( à destination des décideurs territoriaux et des directions d’établissements )

La BPCO fardeau sanitaire et socio- économique territorial 4 BPCO : un fardeau sanitaire et organisationnel pour les établissements de santé La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) représente aujourd’hui l’une des maladies chroniques les plus lourdes pour les établissements de santé, en particulier pour les services d’urgences, de médecine et de pneumologie. Pour les directions d’hôpitaux, de centres hospitaliers, de cliniques ou pour les autorités qui supervisent ces structures, la BPCO constitue un enjeu stratégique à la fois médical, organisationnel et économique. Cette maladie se caractérise par une obstruction progressive des voies aériennes, liée à une inflammation bronchique chronique et souvent à un emphysème pulmonaire. L’air circule difficilement dans les bronches et les échanges gazeux deviennent moins efficaces. Les patients développent progressivement : un essoufflement croissant une diminution de la tolérance à l’effort une fatigue importante des infections respiratoires répétées. La BPCO évolue sur plusieurs années et conduit fréquemment à des décompensations aiguës appelées exacerbations, qui représentent la principale cause d’hospitalisation. 4 Comprendre simplement la maladie Chez une personne atteinte de BPCO : les bronches sont rétrécies et inflammées les parois pulmonaires peuvent être progressivement détruites l’air reste piégé dans les poumons Cela provoque : une ventilation inefficace une augmentation du travail respiratoire une limitation progressive de la capacité physique. Lorsque l’état du patient se dégrade brutalement, l’exacerbation peut nécessiter : consultation urgente passage aux urgences hospitalisation parfois soins intensifs. Ces épisodes représentent la principale pression hospitalière liée à la maladie. 4 Un impact direct sur l’activité hospitalière En France, la BPCO entraîne plus de 120 000 hospitalisations chaque année. Pour les établissements de santé, cela se traduit par : une fréquentation importante des services d’urgences des hospitalisations en médecine polyvalente ou pneumologie des séjours parfois prolongés chez les patients âgés des réhospitalisassions fréquentes. Ces hospitalisations sont souvent saisonnières et augmentent pendant : l’hiver les épisodes de pollution les épidémies respiratoires. Pour les directions hospitalières, la BPCO constitue donc : un déterminant important de l’activité hospitalière un facteur de tension sur les capacités d’hospitalisation un enjeu majeur de gestion des parcours patients. Un poids économique important pour les systèmes de soins La prise en charge de la BPCO mobilise de nombreuses ressources hospitalières. Les principaux postes de dépense comprennent : hospitalisations pour exacerbations consultations spécialisées examens fonctionnels respiratoires traitements inhalés oxygénothérapie ventilation non invasive. Dans la majorité des analyses médico-économiques, les exacerbations représentent la plus grande part des coûts. Une hospitalisation pour exacerbation entraîne : mobilisation du personnel médical et paramédical utilisation de plateaux techniques durée de séjour parfois prolongée. Pour les établissements, la prévention des exacerbations constitue donc un levier majeur d’optimisation des ressources hospitalières. L’importance d’un parcours respiratoire coordonné La prise en charge optimale de la BPCO repose sur un parcours coordonné entre plusieurs acteurs de santé. Pour les établissements hospitaliers, ce parcours implique notamment : médecins généralistespneumologuesservices hospitalierskinésithérapeutesprestataires de santé à domicilestructures de réhabilitation respiratoireassociations de patients. Une organisation territoriale coordonnée permet : un diagnostic plus précoce une meilleure éducation thérapeutique une prévention des exacerbations une réduction des hospitalisations évitables. Plusieurs études montrent que ces approches permettent de diminuer significativement les réhospitalisassions. Trois données clés pour les directions d’établissements La BPCO concerne environ 7,5 % de la population adulte française. Environ 70 % des personnes atteintes ne sont pas diagnostiquées, ce qui signifie que de nombreux patients arrivent à l’hôpital à un stade avancé de la maladie. La maladie entraîne plus de 120 000 hospitalisations chaque année en France. Pourquoi les établissements de santé doivent s’impliquer Pour les directions hospitalières et les autorités de santé, la BPCO constitue un enjeu stratégique d’organisation des soins. Le développement d’initiatives structurées peut permettre : d’améliorer les parcours respiratoires de renforcer la coordination ville-hôpital-domicile de prévenir les exacerbations de réduire les hospitalisations évitables. Ces stratégies contribuent à : améliorer la qualité des soins préserver l’autonomie des patients optimiser l’utilisation des ressources hospitalières. La BPCO représente ainsi un domaine où les politiques territoriales de santé peuvent produire des bénéfices sanitaires et organisationnels importants. Références scientifiques Global Initiative for Chronic Obstructive Lung Disease (GOLD)https://goldcopd.org Haute Autorité de Santé – Parcours de soins BPCOhttps://www.has-sante.fr Santé Publique France – Épidémiologie de la BPCOhttps://www.santepubliquefrance.fr INSERM – Bronchopneumopathie chronique obstructivehttps://www.inserm.fr Roche N. et al. Underdiagnosis of COPD in primary care in Francehttps://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov European Respiratory Society – Burden of chronic respiratory diseaseshttps://www.ersnet.org Global Burden of Disease Studyhttps://www.thelancet.com/gbd

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