3eme mesure du PLFSS : la maîtrise des dépenses de médicaments et de dispositifs médicaux
Ce que cela signifie et ce que cela change concrètement
Introduction
Une part importante de l’ONDAM concerne les médicaments et dispositifs médicaux remboursés par l’Assurance Maladie.
Le PLFSS comprend donc, chaque année, plusieurs leviers destinés à encadrer la progression de ces dépenses, sans remettre officiellement en cause l’accès aux traitements.
Ces mesures ont un impact direct pour les personnes vivant avec une maladie chronique, souvent exposées à des traitements au long cours et à des dispositifs médicaux indispensables.
Ce que dit le texte officiel
Le PLFSS prévoit différents mécanismes visant à limiter la croissance des dépenses liées aux médicaments et aux dispositifs médicaux, notamment :
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la fixation d’objectifs d’économies,
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la poursuite des baisses de prix ou des régulations tarifaires,
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l’encouragement à l’usage des génériques et biosimilaires,
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l’encadrement des conditions de prescription et de remboursement.
Ces mesures relèvent du pilotage économique du système de santé.
Traduction en clair
Concrètement, le PLFSS cherche à dépenser moins par unité, plutôt qu’à réduire explicitement le nombre de patients traités.
Cela se traduit par :
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des négociations de prix plus strictes avec les industriels,
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une pression accrue sur les prescriptions jugées coûteuses,
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une incitation forte à substituer certains traitements ou dispositifs,
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un encadrement plus fin des indications remboursables.
Le traitement reste théoriquement accessible, mais dans un cadre plus normé.
Qui est concerné
Cette mesure concerne particulièrement :
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les personnes vivant avec une maladie chronique,
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les patients en ALD,
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les personnes utilisant des dispositifs médicaux au long cours (PPC, oxygène, capteurs, pompes, orthèses, etc.),
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les prescripteurs et les pharmaciens,
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les prestataires de santé à domicile.
Effets possibles pour les patients
Accès aux traitements
L’accès n’est pas supprimé, mais peut devenir plus conditionné : critères plus stricts, renouvellements surveillés, justification médicale renforcée.
Choix thérapeutiques
Le choix du traitement ou du dispositif peut être orienté par des considérations économiques, dans un cadre réglementaire défini, parfois au détriment de la personnalisation.
Reste à charge
Certaines régulations peuvent entraîner un report partiel vers les complémentaires ou vers le patient, en particulier en cas de refus de substitution ou de choix hors cadre.
Relation de soins
Les professionnels de santé se retrouvent en position d’arbitrage entre recommandations médicales, contraintes réglementaires et attentes du patient.
Ce que le texte ne précise pas
Le PLFSS ne détaille pas :
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l’impact réel de ces mesures sur l’observance,
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les effets sur la qualité de vie des patients chroniques,
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les situations où la substitution est mal vécue ou inadaptée,
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ni les conséquences cumulées de ces ajustements dans le temps.
Ces éléments apparaissent souvent a posteriori, dans la pratique quotidienne.
À retenir
La maîtrise des dépenses de médicaments et de dispositifs est un levier majeur d’équilibre budgétaire.
Elle agit davantage par régulation fine que par décisions visibles.
Pour les patients chroniques, ses effets sont souvent progressifs, diffus et durables.
Expliqué à un enfant de 8 ans
Les médicaments coûtent cher.
Alors on essaie de trouver ceux qui font pareil mais coûtent moins.
Ça marche parfois très bien, mais il faut faire attention que ça convienne à chacun
SI VOUS AVEZ DES QUESTIONS C’EST ICI
