Aidants et BPCO
Comprendre votre rôle et agir au bon moment
Quand un proche est atteint de BPCO…
Lorsqu’une personne de votre entourage est atteinte de BPCO (Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive), vous devenez souvent aidant sans l’avoir choisi, et sans mode d’emploi.
Vous souhaitez aider au mieux…
mais il n’est pas toujours facile de savoir :
-
comment bien faire,
-
jusqu’où intervenir,
-
et quelle est votre place.
Ce document vous donne des repères simples, fiables et utiles pour comprendre votre rôle et agir efficacement.
Aidant ≠ soignant : une distinction essentielle
Être aidant ne signifie pas :
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poser un diagnostic,
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réaliser des soins,
-
modifier les traitements,
-
remplacer les professionnels de santé.
Votre rôle est différent, mais essentiel.
Les rôles fondamentaux de l’aidant

Les trois principaux rôles
1. Observer
Être attentif aux changements par rapport à l’état habituel :
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respiration,
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fatigue,
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niveau d’activité,
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comportement.
2. Sécuriser le quotidien
Aider à maintenir :
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la régularité des traitements,
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l’organisation des rendez-vous,
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la continuité du suivi médical.
3. Réagir plus tôt
Repérer rapidement une aggravation permet souvent :
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d’agir plus tôt,
-
d’éviter une décompensation,
-
de prévenir une hospitalisation.
➡️ Des études montrent que l’éducation des patients et des aidants améliore l’autogestion et réduit les exacerbations.
Les piliers du quotidien qui améliorent la respiration
Certains leviers simples font une réelle différence :
✔ régularité des traitements
✔ observation des symptômes
✔ activité physique adaptée
✔ environnement sain (air, tabac, pollution)
Utilisés régulièrement, ces facteurs améliorent la qualité de vie respiratoire.
Les erreurs fréquentes à éviter
❌ 1. La surprotection
Favorise l’inactivité, la perte musculaire et l’aggravation de l’essoufflement.
❌ 2. Modifier les traitements soi-même
Peut déstabiliser la maladie et augmenter le risque d’exacerbation.
❌ 3. Attendre trop longtemps avant de consulter
Une prise en charge précoce des exacerbations réduit hospitalisations et mortalité.
Reconnaître les signes d’aggravation
Une aggravation apparaît souvent progressivement :
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essoufflement plus important que d’habitude
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toux différente
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crachats plus abondants ou plus épais
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fatigue inhabituelle
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baisse des activités quotidiennes
➡️ Ce sont les changements par rapport à l’état habituel qui doivent alerter.
Aider sans remplacer
Aider ne signifie pas tout faire à la place.
👉 Accompagner sans supprimer l’activité
👉 Encourager le mouvement et l’autonomie
Le maintien de l’activité physique est un élément clé de la prise en charge de la BPCO.

Vous avez le droit de ne pas tout savoir
Être aidant ne signifie pas :
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tout porter seul,
-
être parfait,
-
tout anticiper.
Votre rôle se construit progressivement, avec des repères simples et l’aide des professionnels.
Références scientifiques et recommandations
Recommandations internationales
GOLD – Global Initiative for Chronic Obstructive Lung Disease
Recommandations internationales de référence pour la prise en charge de la BPCO.
➡️ https://goldcopd.org/2024-gold-report/
Points clés :
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importance de l’autogestion et de l’éducation
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reconnaissance précoce des exacerbations
-
maintien de l’activité physique
-
adhésion thérapeutique
Recommandations françaises
Haute Autorité de Santé (HAS)
Bronchopneumopathie chronique obstructive – parcours de soins et prise en charge.
➡️ https://www.has-sante.fr/jcms/c_272260/fr/bronchopneumopathie-chronique-obstructive-bpco
Points clés :
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rôle du patient et de l’entourage
-
détection précoce des exacerbations
-
coordination des soins
Assurance Maladie – Ameli
Comprendre la BPCO et sa prise en charge.
➡️ https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/bpco
Éducation thérapeutique et rôle des aidants
Effing TW et al. Self-management education for patients with COPD.
Cochrane Database of Systematic Reviews. 2012.
➡️ https://doi.org/10.1002/14651858.CD002990.pub3
Conclusion :
Les programmes d’éducation et d’autogestion réduisent les hospitalisations et améliorent la qualité de vie.
Lenferink A. et al. Self-management interventions including action plans for exacerbations.
Thorax. 2017.
➡️ https://thorax.bmj.com/content/72/7/620
Conclusion :
La reconnaissance précoce des exacerbations améliore les résultats cliniques.
Activité physique et maintien fonctionnel
Spruit MA et al. Pulmonary rehabilitation and physical activity in COPD.
American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine. 2013.
➡️ https://doi.org/10.1164/rccm.201309-1634CI
Conclusion :
L’activité physique et la réhabilitation respiratoire réduisent la dyspnée et améliorent la qualité de vie.
Adhésion thérapeutique
Vestbo J. et al. Adherence to inhaled therapy and COPD outcomes.
Respiratory Medicine. 2009.
➡️ https://doi.org/10.1016/j.rmed.2009.05.001
Conclusion :
Une bonne adhésion aux traitements inhalés réduit les exacerbations et les hospitalisations.
À retenir
✔ Les aidants informés contribuent à la stabilité de la maladie.
✔ L’observation précoce des changements est essentielle.
✔ L’activité physique et l’adhésion thérapeutique sont majeures.
✔ L’éducation thérapeutique améliore les résultats cliniques.

